vendredi 14 août 2015

L'avis de Julie [5] Le Tailleur de pierre, Camilla Läckberg

Titre : Le Tailleur de pierre
Auteure : Camilla Läckberg
Edition : Actes Sud / Actes Noirs
Nombre de pages : 475
Résumé : Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.


Une rechute par rapport aux tomes précédents.

    J’avais adoré les deux premiers romans de Camilla Läckberg, mais j’avoue que celui-ci m’a un peu déçue. C’est probablement le scénario qui a causé cela, et non pas la longueur du livre comme l’a dit Emilie…
    Dans ce livre, on est dès le début plongé dans l’enquête, puisqu’on suit un pêcheur anonyme qui se plaint des touristes tout en remontant ses nacelles à homard. Sauf que voilà, dans l’une, il trouve le cadavre d’une fillette de 7 ans. Patrik et un collègue sont dépêchés sur place, et Patrik découvre qu’il connait la petite fille, qui est l’enfant d’une amie d’Erica. Une amie qui, soit dit en passant, n’apparait ni dans les tomes précédents, ni dans les tomes suivants, ce qui est vraiment dommage. C’est probablement le point négatif du style d’écriture de Camilla Läckberg qui me gêne – et me frustre – le plus : elle n’évoque jamais les personnages des tomes précédents dans les tomes suivants, ce qui fait qu’on ne sait pas ce qu’ils sont devenus. C’est tellement dommage ! Surtout qu’on s’attache beaucoup aux personnages, qui nous semblent vraiment réels.
    Pour reprendre l’histoire, Patrik et Ernst, ce flic que personne n’apprécie au commissariat, vont évidemment interroger la famille de la jeune victime. Il se trouve que la grand-mère de cette dernière, prénommée Lilian, a une querelle de voisinage avec un certain Kaj. (Vous vous demandez probablement pourquoi je vous raconte ça, mais j’y viens.) En gros, les deux s’envoient tout le temps des vacheries, se font des procès pour une broutille, etc. Et on voit souvent cette haine tout au long du livre. J’ai trouvé cela très lourd, et ça a un peu gâché ma lecture. Pour moi, c’était franchement agaçant de voir Lilian et Kaj, chacun de leur côté, penser la même chose…
    En outre, l’enquête a piétiné un peu trop, ce qui fait qu’on se lasse un peu, à force. Patrik oublie des détails cruciaux et certes, c’est normal, mais au bout de plusieurs bourdes, c’est un peu décevant.
    Heureusement, d’autres points positifs sont présents. Par exemple, on voit plus Mellberg, le chef du commissariat. (J’ai trouvé dommage que l’expression « nid de cheveux » ne soit pas répétée.) En effet, celui-ci découvre un élément très important que je ne dirai pas pour ne pas spoiler, et c’était assez amusant de le voir se débattre avec cet élément.
    De plus, Erica est toujours là, même si c’est dommage ne plus la voir enquêter comme dans le tome 1. Elle et Patrik sont parents d’une petite fille, Maja, qui leur donne du fil à retordre, et j’ai bien apprécié de voir ce changement dans leur vie de couple ; on arrive vraiment à se mettre à leur place et à imaginer la lassitude d’Erica. Je trouve quand même que Patrik et Erica forment un de mes couples préférés. :)
    Enfin, et c’est malheureusement un point négatif : les chapitres qui relatent la vie d’Agnes, une jeune femme inconnue, en 1920, sont trop lents. En effet, on n’arrive pas du tout à faire le lien avec l’enquête et ces lignes, et c’est dommage, parce que c’est très frustrant. Dans Le Prédicateur, j’ai reproché à l’auteure d’avoir été trop rapide, mais là elle est trop lente et ne lâche pas assez d’éléments. Cela fait que, si la fin n’avait pas été aussi expliquée, eh bien elle n’aurait pas du tout été crédible. Mais heureusement, elle l’est, et j’ai vraiment été choquée.
    Et je tenais à ajouter une dernière chose que j’ai oublié de mentionner dans ma chronique du tome 2 : j’adore le cadre dans lequel l’enquête évolue ! On s’attache vraiment à Fjällbacka et au commissariat de Tanumshede avec Patrik, Martin, Annika, Ernst, Gösta et Mellberg. Tout est très bien poussé, bien écrit, l’enquête est logique avec beaucoup de détails réels, etc. On s’y croit vraiment, et je trouve cela génial.

    Pour conclure, Le Tailleur de pierre est une très bonne lecture qui m’a un peu déçue. Certains passages sont trop lents, l’enquête piétine trop et les personnages pas vraiment attachants voire exaspérants pour certains. Ce n’est clairement pas le meilleur livre de Camilla Läckberg, même si l’histoire est top et la fin une vraie claque. Je vous le conseille quand même, mais sans plus.


3 commentaires:

  1. J'avais pensé exactement pareil ! Heureusement que la suite s'améliore...

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  2. Pas un genre qui me tente beaucoup, mais ta chronique donne envie :)

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  3. Si un jour tu veux essayer le policier, je te conseille vraiment les livres de Camilla Läckberg. :)

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