mardi 1 septembre 2015

Juste une ombre - Karine Giebel

Titre : Juste une ombre
Auteure : Karine Giebel
Edition : Fleuve Noir
Nombre de pages : 502
Résumé : Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour…
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. A partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule.
Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…

Tu commandes ? Apprends l’obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence…

Un thriller angoissant et absolument passionnant !

    J’ai emprunté ce livre pour deux raisons : la première, le résumé avait l’air génial ; la seconde : grâce au CDI du lycée, j’ai pu lire Satan était un ange, de la même auteure, et ç’avait été un coup de cœur. Donc, je me suis lancée dans cette lecture sans hésiter… et je n’ai pas été déçue !
    Dès le début, on est plongé dans l’histoire, puisqu’on suit Cloé, une jeune femme de 37 ans, dans une rue. Elle sent alors qu’elle est suivie ; naturellement elle presse le pas, mais elle entend toujours des bruits de pas derrière elle. Finalement, elle a eu la peur de sa vie… Cloé est un personnage absolument détestable – pour moi, en tout cas. Dans le début du livre, on voit qu’elle est hautaine, arrogante, trop pleine d’assurance, froide avec les autres… Et pourtant on a pitié d’elle, et au final on s’attache vraiment à elle.
    De surcroît quand elle se sent à nouveau suivie, épiée, malgré le fait qu’elle soit avec son amant, Bertrand, un homme très séduisant mais au final un vrai salaud. Je vous laisse voir pourquoi en lisant le roman… Bref, Cloé sombre doucement dans la paranoïa alors que ses proches ne la croient pas quand elle affirme voir une ombre. En effet, elle n’a au final aucune preuve, puisque l’Ombre se manifeste quand elle est seule et que seule Cloé la voit…
    Parallèlement, on suit Alexandre Gomez, un flic d’une quarantaine d’années. Au début du livre, il est en planque avec le sergent Laval, qu’il surnomme le Gamin. Tous les deux, je les ai trouvés très attachants, très humains, avec chacun des blessures très profondes. Alexandre, malgré sa brutalité (on pourrait parfois le qualifier de psychopathe), m’a à de nombreuses fois beaucoup touchée, et il restera mon personnage préféré durant toute ma lecture. J’ai particulièrement adoré son histoire avec Sophie, que je vous laisse découvrir.
    Pour en revenir à Cloé, je vais décrire un peu plus son personnage, quand même. Elle est célibataire (bon, pas tant que ça, puisqu’elle a un amant, mais voilà), pas d’enfant, et une acharnée du travail. Elle bosse dans une grande Agence de pub, et est en concurrence avec un collègue pour accéder au poste de directeur général, puisque leur directeur va bientôt partir en retraite. Cloé se montre odieuse avec tous ses collègues sans exception, et est une vraie faux-cul (pardonnez-moi l’expression…). Je l’ai détestée dans ces moments-là, malgré la pitié que j’ai ressentie pour elle. En effet, elle fait chaque nuit le même cauchemar sur un épisode qui a marqué son enfance, et elle culpabilise atrocement pour un fait qu’elle a commis presque vingt ans plus tôt. En outre, elle est absolument terrorisée par l’Ombre et désemparée parce que personne ne la croit. Doucement, elle sombre dans une paranoïa de plus en plus profonde et en vient à suspecter tout le monde. Elle ne dort plus, arrive en retard au travail, se rabat sur ses médocs : c’est la déchéance. On a vraiment mal pour elle, et ce livre est un vrai voleur de sommeil parce qu’on veut toujours savoir la suite, voir où et quand l’Ombre va surgir, ce qu’elle va faire… C’est absolument passionnant ! De plus, l’alternance entre le point de vue de Cloé et celui d’Alexandre permet de ne pas s’ennuyer, parce qu’on a aussi envie de savoir comment vit Alexandre, comment il s’en sort.
    Je ne vais pas vous en raconter plus sur le scénario parce que, bon, je ne vais quand même pas vous gâcher tout le suspense. Parce que du suspense, il y en a ! Comme je l’ai dit précédemment, on cherche à savoir qui est l’Ombre, ses motivations, etc ; et en même temps on veut savoir comment va s’en sortir Cloé. On vit vraiment avec elle, et on ressent beaucoup d’angoisse en lisant ce livre. Beaucoup de tristesse, aussi, quand le passé – et le présent – des protagonistes nous est dévoilé.
    Le style d’écriture de l’auteure n’est pas phénoménal, mais en même temps il l’est. Le langage est souvent familier et contracté dans les dialogues, et pourtant on se prend une décharge d’émotions en lisant les lignes de Karine Giebel. C’est assez difficile à expliquer, mais en tout cas on subit une réelle immersion.
    C’est en même temps un roman très instructif au niveau de tout ce qui touche à la folie et à la paranoïa, puisqu’on vit avec Cloé. En outre, on a aussi l’occasion de lire les mots de l’Ombre dans des sortes de lettres (je crois ?), et c’est vraiment intéressant – et horrible – de comprendre son obsession, même si l’Ombre est un(e) grand(e) malade.
    Il y a aussi une histoire d’amour (entre qui et qui ? mystère !), dans ce livre, mais elle ne m’a pas emballée plus que ça : on sent que ce n’est pas vraiment le point fort de l’auteure. Cette dernière s’est plutôt concentrée sur le besoin de protection et de sécurité, un besoin primitif comme le dit elle-même Karine Giebel, et en revanche de ce point de vue c’était passionnant. J’aurais aimé avoir un peu plus de descriptions au niveau des rapports physiques entre les protagonistes, mais ça c’est parce que je suis une grande romantique, donc n’en tenez pas compte.
    Enfin, j’ai trouvé que l’intrigue était très bien ficelée. Des indices par-ci par-là qu’on ne remarque même pas, des faits réels et convaincants, une bonne d’ose d’humanité… le cocktail parfait ! On n’a pas le temps de s’ennuyer et, malgré les bonnes 500 pages, on dévore, encore et toujours, pendant une journée, quitte à se priver de sommeil. La fin m’a beaucoup surprise – comme d’habitude, j’ai envie de dire –, et il est clair que je n’oublierai pas cette lecture avant longtemps.

    Pour conclure, ce livre est une excellente lecture ! Beaucoup d’actions, de suspense, des personnages attachants et une angoisse qui ne nous quitte pas… Un magnifique thriller que je vous conseille absolument !

10 commentaires:

  1. J'ai été un (mini poil) déçue ! Je m'attendais à beaucoup beaucoup mieux, vu tous les bons avis sur cette auteure ... Finalement, c'est une bonne lecture mais sans plus :-/
    J'ai tout de même envie de lire un autre roman pour voir ;)
    Par contre, moi, je n'ai ressenti aucune compassionp pour Cloé :( Je l'ai détesté >< Mais, Alexandre, je l'ai vraiment beaucoup aimé :p

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    1. Ce n'est pas mon cas. ^^ Je te conseille "Satan était un ange", personnellement j'avais adoré. *.*
      C'est vrai que Cloé est assez détestable, mais souvent je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir mal pour elle, je suis trop gentille. Moi aussi ! ^^

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  2. C'est un thriller que j'avais beaucoup aimé et qui m'a bien fait flipper. Karine Giebel crée des personnages très réels et humains, c'est génial, et elle ne nous épargne rien.

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  3. Encore un thriller qui me fait de l’œil !

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  4. Wahou, tu donnes tellement envie *-* ! Je vais essayer de le trouver, parce que l'intrigue a l'air génial et ta chronique aussi :p

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    1. Il faut vraiment que tu les lises ! Et merci. ^^

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