jeudi 24 septembre 2015

L'Île du Point Némo - Jean-Marie Blas de Roblès

Titre : L’Île du Point Némo
Auteur : Jean-Marie Blas de Roblès
Edition : Zulma
Nombre de pages : 458
Résumé : Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankè échouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô.
Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo. Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques 

Un livre étrange.

    J’ai emprunté ce livre au CDI un peu par hasard, et à cause de son édition. En effet, les éditions Zulma ne sont pas du tout connues mais, grâce au CDI, j’ai pu découvrir 4 livres édités chez eux et que j’ai adoré (les auteurs sont Audur Ava Olaffsdotir et Benjamin Wood, si j’ai piqué votre curiosité). En outre, le résumé me tentait pas mal et la couverture est très belle – que demander de plus pour me lancer ?
    Autant le dire tout de suite : cela fait deux ou trois jours (cette chronique est écrite me vendredi 11 sept) que j’ai fini ce livre, et je ne sais toujours pas si je l’ai aimé. J’avais vraiment hâte de le terminer pour passer à autre chose, mais j’ai aussi bien aimé quelques éléments de l’histoire, alors… Bref, autant commencer par le début.
    A la toute première page, on suit la bataille d’Alexandre le Grand contre les Perses. On se demande, évidemment, ce que cette bataille (que je connaissais, puisque je l’ai étudiée en latin) a à voir avec l’histoire. Je vais être honnête : au bout d’un paragraphe j’ai failli abandonner, pensant que je m’étais totalement plantée de bouquin. Mais non ! Quand on tourne cette fameuse page, on apprend que les soldats d’Alexandre et les perses ne sont que des soldats de plomb (ouf), que met en scène un homme prénommé Martial Canterel, âge de 50 ou 60 ans, si mes souvenirs sont bons. Il est malade, et se bourre de médocs. Bref. Surviennent ensuite deux personnages : Holmes (non, aucun rapport avec Sherlock), et son assistant Grimod. Ils apprennent à Canterel qu’un précieux dimant a été volé à une Lady McRae, ex-amante de Canterel. Ce dernier décide alors de se joindre aux deux hommes afin de récupérer le diamant volé...
    Autant vous prévenir tout de suite : cette œuvre est imaginaire. Pas à la manière d’une dystopie, mais presque (en fait, ce livre est inclassable). Je dirais plus comme du fantastique, sans les sorcières ou loups-garous. En gros, pour vous donner un exemple, Canterel et les autres voyagent dans un train où il y a des chambres, des bars et des douches. Cela m’a un peu fait penser au Meilleur des mondes de Huxley, sans la dystopie. C’est assez difficile à expliquer, mais j’espère que j’aurai réussi.
    Pour revenir à l’histoire, s’ensuit alors une grande et longue aventure pour rechercher le diamant. De Londres, nos compères partent en Sibérie, puis en Chine, puis en Australie… Et pourtant, on a le temps de s’ennuyer. Je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages, les trouvant trop extravaguant ou n’adhérant pas à leur mentalité.
    Ce livre contient plusieurs points de vue. Dans des chapitres alternés, on suit M. Wang, directeur peu scrupuleux d’une société de vente de liseuses numériques, B@bil Books. On suit également deux employés, Charlotte et Dieumercie, et la DRH, Louise. J’ai préféré ces chapitres à ceux de Canterel et des autres, parce que j’en avais marre d’eux, et que cela faisait du bien de couper un peu.
    Je préviens aussi, pour les plus jeunes : l’auteur est très porté sur la chose (on se serait bien passé de certains détails), donc si vous voulez tenter de lire ce livre, je ne le conseillerais pas avant 15 ans.
    Ensuite, l’histoire est complètement déjantée, et l’absurde a sa place de choix. Personnellement, je ne m’attendais pas du tout à cela et, même si je loue l’auteur d’avoir ainsi oser d’exposer son imagination, je n’ai tout simplement pas pu rentrer dans son monde. Je n’ai pas les mêmes conceptions que lui, et ceci explique donc cela. Honnêtement, si vous êtes plus du genre réaliste, n’essayez même pas de lire ce roman : je suis prête à parier que vous serez déçus.
    Les personnages tels que Canterel et Holmes ou Grimod ne sont absolument pas attachants. Il y a, de plus, beaucoup de persos secondaires, et au final on est souvent complètement perdu. Beaucoup sont inutiles, et d’autres sont lourds. Leur façon de penser ne m’a pas plu, surtout qu’ils n’étaient pas assez approfondis. On en sait beaucoup sur les uns, inutiles, et pas assez sur les autres… C’est du grand n’importe quoi.
    Concernant la plume de l’auteur, je ne l’ai pas appréciée plus que ça. Les tentatives d’humour son vraiment pourries, et j’ai trouvé sa plume assez prétentieuse. Elle n’est pas ultra-simple, mais pas aussi compliquée que celle Diderot non plus.
    Enfin, j’avoue avoir été assez surprise par la fin. J’ai trouvé le message très beau, et c’est probablement cela qui fait que ce livre n’est pas une déception.

    Pour conclure, L’Île du Point Némo est une lecture moyenne. Une partie de l’histoire ne m’a pas plue, je me suis ennuyée, et les personnages ne sont vraiment pas attachants. Je n’ai pas adhéré à l’univers de l’auteur, même s’il est vraiment admirable pour avoir ainsi osé. Ce livre nous offre une plongée spectaculaire dans l’imaginaire et un beau message à la fin, mais je ne le recommande pas, sauf si vous êtes vraiment curieux.

1 commentaire:

  1. Le résumé est vraiment bof, mais ce livre a quand même l'air pas si mauvais que ça, malgré ton avis mitigé... Un jour, peut-être, quand je n'aurai absolument plus rien à lire, je l'essaierai.

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