mardi 22 mars 2016

Le ciel est partout - Jandy Nelson

Titre : Le ciel est partout
Auteure : Jandy Nelson
Edition : Gallimard, collection Scripto
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 329
Résumé : A 17 ans, Lennie Walker, rat de bibliothèque et geek, joue de la clarinette et passe son temps en sécurité et heureuse dans l’ombre de sa sœur ainée, Bailey.
Mais quand Bailey meurt subitement, Lennie est projetée au devant de la scène – et malgré une vie sentimentale inexistante avec les garçons, son cœur balance soudainement entre deux garçons. Toby était le petit ami de Bailey ; son chagrin se reflète et s’accorde avec celui de Lennie. Joe est le petit nouveau, transféré de Paris, il a un sourire à vous en faire perdre la tête qui n’est devancé que par son talent musical. Pour Lennie, ils sont le Soleil et la Lune ; l’un la fait sortir de sa torpeur, l’autre la conforte dans sa douleur. Mais comme leurs astres, ils ne peuvent se rencontrer sans que la totalité de leur monde bascule.

Ne surtout, surtout pas chercher la comparaison avec Le soleil est pour toi.

    Le ciel est partout est le premier roman de Jandy Nelson mais mon deuxième de cette auteure. Le soleil est pour toi, dont je vous parle tout le temps, a été mon énorme coup de cœur 2015 et fait partie de mes romans préférés, un des plus beaux que j’aie jamais lu (ma chronique est par ici). J’ai essayé de ne pas penser à Le soleil est pour toi durant ma lecture, vraiment. Sauf que c’est quelque peu difficile, ce qui fait que mon avis est très subjectif. Du coup, je l’avoue : j’ai été un petit peu déçue par cette lecture, même si dans l’ensemble je suis satisfaite.
    Le ciel est partout, c’est l’histoire de Lennon, dite Lennie, 17 ans, amatrice de classiques littéraires, clarinettiste et fan des Hauts de Hurlevent. Sa sœur aînée Bailey est morte à 19 ans quelques semaines/mois plus tôt. Lennie vit avec sa grand-mère Manou et son oncle Big, sa mère étant partie alors que sa sœur et elle étaient très jeunes. Lennie (désolée pour les répétitions) vit très mal la mort de Bailey et s’est renfermée sur elle-même. Mais, au moment où commence l’histoire, Lennie découvre qu’elle éprouve quelque chose pour Toby, le petit-ami de Bailey pour qui le deuil est très difficile également. Et en même temps, alors qu’elle reprend le lycée et les cours de musique, elle fait la connaissance d’un « nouveau » : Joe Fontaine, Français, mélomane, toujours souriant et qui semble trimballer le soleil avec lui. Entre les deux, son cœur bascule, et rien ne dit que  ses choix vont être les bons. Car, après la mort de Bailey, a-t-elle encore le droit de sourire ? D’aimer ? D’être heureuse ? Que penserait Bailey de ses choix ? De son étrange relation avec Toby ?
    Voilà donc en gros pour l’histoire. Le ciel est partout parle de beaucoup de choses, mais un des thèmes principaux est le deuil. Lennie et sa sœur Bailey étaient très proches, et Lennie ne parvient pas à se remettre de la mort de Bailey. Le thème du deuil est très bien développé, je trouve, et ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, c’est qu’on n’a pas seulement du texte. En effet, à chaque début (ou fin) de chapitre, nous avons un poème de Lennie écrit sur un morceau de partition, sur un bout de papier… Cette touche d’originalité m’a vraiment plu, car même si les poèmes n’étaient pas toujours très bons, ils étaient agréables à lire, très touchants, et ils permettaient de mieux comprendre Lennie et son difficile parcours dans l’acceptation de la mort de Bailey.
    Cependant (oui, cette fois j’attaque directement les points négatifs), j’aurais aimé que Lennie soit moins aveugle vis-à-vis de sa sœur, c’est-à-dire qu’elle ne passe pas tout son temps à l’idéaliser et à la considérer comme merveilleuse. Au début, cela ne m’a pas gênée, mais à force, cela devient lassant. Bailey est vraiment trop présente dans le livre, et l’adoration que lui voue Lennie finit par devenir agaçante également, car à force, c’est bon, on a compris que Bailey était parfaite. J’ai l’impression que Jandy Nelson a voulu en faire trop pour émouvoir le lecteur, et là, trop, c’était trop. C’est dommage. De plus, cela m’a beaucoup fait penser à Love Letters to the Dead d’Ava Dellaira, livre que j’ai détesté en partie à cause de ce même genre de détail, c’est-à-dire l’admiration omniprésente sans raison d’un être proche. Bien sûr, je comprends ce que cela fait de perdre sa sœur, mais il y avait trop d’excès, alors voilà.
    J’ai également eu un peu de mal avec Lennie. Je ne sais pas… Elle n’était pas « chiante », mais je n’ai pas réussi à totalement m’attacher à elle, surtout que je n’ai pas très aimé sa relation avec Toby, que je n’ai d’ailleurs pas réussi à comprendre non plus. C’est un personnage assez flou pour moi, et les raisons de ses actes m’ont parfois parues bizarres. Idem pour Lennie qui ne faisait parfois pas son âge et avait un comportement immature. Je vous rassure, ce n’était pas tout le temps comme ça et elle m’a souvent touchée, cependant il y avait toujours quelque chose qui m’empêchait de la comprendre totalement.
    De plus, le triangle amoureux ne m’a pas totalement emballée non plus. D’habitude, cela ne me gêne pas (en fait, je n’en ai pas lu depuis trèèèès longtemps), mais là ça m’a semblé de trop et agaçant. Gniii, je n’aimais pas Toby, moi ! C’est à cause de ce personnage que je n’ai pas accroché au triangle amoureux, je pense. Je n’arrêtais pas de me demander comment Lennie faisait pour être comme ça avec lui… Je comprenais, mais j’ai trouvé que ça ne collait pas. Pas du tout, même. J’ai également eu un peu de mal avec Manou et Big, qui m’ont paru assez stéréotypés, presque plats, surtout Big.
    Toutefois, n’allez pas croire qu’il n’y a que des points négatifs dans Le ciel est partout, car dans l’ensemble j’ai vraiment bien aimé. Il faut avouer qu’une part de ma « déception » vient de ma lecture du Soleil est pour toi, qui est, je le répète, un livre magnifique, avec une histoire magnifique et une plume magnifique que TOUT LE MONDE DEVRAIT LIRE. Gni ! (je suis un peu énervée haha). J’avais beau essayer, je ne pouvais m’empêcher de comparer les deux, et Le soleil est pour toi est tellement mieux que Le ciel est partout Mais je ne parle que du Ciel est partout aujourd’hui, donc je vais arrêter de comparer.
    En effet, s’il y a quelque chose que j’ai adoré dans ce livre, c’est le personnage de Joe, le Français (compatriote !) amateur de musique. Je pense que des garçons comme Joe devraient remplir le monde. Il est tellement lumineux, charismatique, drôle, touchant… Ce n’est pas un personnage ténébreux comme j’en ai l’habitude ; il est même tout le contraire. Mais les personnages comme Joe, qui respirent la joie de vivre et la vie, ça fait tellement du bien, de temps en temps. Un vrai rayon de soleil ! Je l’ai vraiment adoré.

« Ce type se shoote à la vie. A côté de lui, Candide est le pire des rabat-joie. Est-ce qu'il sait que la mort existe, au moins ? »
   
    Et puis, j’ai beaucoup aimé la relation Joe-Lennie. Grâce à Joe, surtout. Car Le ciel est partout n’est pas basé que sur le deuil ; c’est également un livre qui fait sourire. Et Joe et Lennie étaient trop mignons. Surtout dans la première partie du livre, avant que tout bascule entre eux. Ah là là, ça fait du bien les jolies histoires d’amour. Et le style de Jandy Nelson renforce cela.
    J’aime beaucoup les styles poétiques, et j’étais tombée amoureuse de celui de Jandy Nelson lors de ma lecture de Le soleil est pour toi. Bon, ici, il n’y a pas de Noah pour me faire tomber raide dingue d’un livre, mais j’ai quand même retrouvé le très beau style de Jandy Nelson, tout en émotion, en images poétiques, en beauté, tout simplement. On sent que l’auteure a évolué entre ses deux romans, mais Le ciel est partout reste très bien écrit, il n’y a rien à dire de ce côté-là. Les poèmes de Lennie renforcent le côté poétique du livre, en plus, car certains sont, comme je l’ai déjà dit, remplis d’émotion, même s’ils ne sont pas parfaits.
    De plus, il y a certains points de la relation Lennie-Bailey qui m’ont beaucoup plu. On aurait presque dit des jumelles tant elles étaient proches l’une de l’autre. Certains passages, certaines phrases m’ont vraiment touchée car on sentait bien la douleur de Lennie. Donc même si à force l’omniprésence de Bailey lasse, elle n’était pas que négative, au début du moins. Jandy Nelson sait parfaitement retranscrire une relation entre frères/sœurs fusionnelles, alors chapeau.

« Jamais elle ne connaîtra les Fontaine.
Jamais elle n'entendra parler de ce dîner pendant le trajet jusqu'à la rivière.
Jamais je ne la reverrai demain matin, ni mardi prochain ni dans trois mois.
Jamais elle ne reviendra. »

    Bon, j’en suis à ma 3ème page Word et je n’ai toujours pas fini… Désolée pour la taille de la chronique. Que ceux qui ont tout lu pour le moment lèvent la main !
    Breeef. Il reste quelque chose qui m’a vraiment dérangée dans ce livre. Car sans ce quelque chose, je pense que j’aurais vraiment, vraiment adoré Le ciel est partout, même avec les points négatifs que j’ai relevés. En fait, j’ai eu un problème avec la fin. J’ai trouvé qu’il manquait quelque chose ; la boucle n’était pas bouclée, et il me restait énormément de questions en tête comme : de qui Manou est-elle amoureuse ? Et surtout : qu’en est-il de la mère de Lennie et Bailey ? C’est un personnage que l’on ne voit jamais apparaître et qui est seulement évoqué, et moi j’aurais aimé en savoir plus sur elle, parce qu’au final elle reste assez floue. J’ai une légère impression de fin bâclée. C’est tellement dommage ! J’ai attendu jusqu’aux toutes dernières pages en me disant : « Alors ? Elle arrive ou pas ? Il faut qu’elle arrive ! ». Eh bien, elle n’est pas arrivée, et je continue à me poser des questions…
    Enfin (je vous vois d’ici vous dire « ouf ! elle a fini ! »), il n’empêche que Le ciel est partout est et reste une très jolie histoire, qui aborde quand même des thèmes sérieux, comme le deuil, la culpabilité et le déni, sans tomber dans le drame larmoyant, car beaucoup de passages font sourire. D’ailleurs, j’aimerais bien avoir un Joe-nuage rien que pour moi… Jandy Nelson sait mêler poésie, amour et drame sans que la balance penche trop d’un côté ; elle sait toucher le lecteur et lui faire ressentir des émotions. Donc oui, il y a des choses qui ne m’ont pas plu. Oui, j’ai trouvé Le soleil est pour toi bien meilleur. Mais Le ciel est partout est loin d’être nul, et je suis sûre que si je n’avais pas eu un énorme coup de cœur pour Le soleil est pour toi, j’aurais adoré ce roman-là. Cependant, on ne peut pas tout avoir… Je n’ai même pas trouvé de musique pour aller avec, d’ailleurs, car j’écoute plutôt du metal symphonique/gothique, et le metal ne va pas trop avec ce roman. En parlant de ça… J’ai oublié de dire que Le ciel est partout est aussi une jolie ode à la musique et à la nature, car Lennie est clarinettiste et Joe guitariste, et cet univers est vraiment mis en avant. Personnellement j’aurais préféré du metal, mais c’était très bien aussi. ^^ Allez, je vais arrêter là (sérieusement, il y en a qui ont tout lu en entier ?), et je vous mets un dernier extrait pour la route, tiré d’un des poèmes de Lennie. Encore désolée pour la taille de cette chronique, j’ai atteint ma 4ème page Word, je crois que j’ai battu un record. ^^’

« Dans.
Ce.
Monde.
Personne.
N'est.
A.
L'abri. »

    Ça y est, j’ai fini pour de bon. Le ciel est partout est donc une très bonne lecture seulement, car malgré le personnage juste génial de Joe, la plume magnifique et très poétique de Jandy Nelson et l’histoire qui est jolie, je ne me suis pas totalement attachée à Lennie, ai eu du mal avec le triangle amoureux et aurais aimé qu’à la fin, la boucle soit bouclée. C’est dommage… Surtout que je ne pouvais m’empêcher de comparer avec Le soleil est pour toi. Mais je vous conseille quand même ce livre et surtout cette auteure ; ils valent le détour.

26 commentaires:

  1. C'est un roman qui pourrait me plaire :D

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    1. J'espère que tu pourras le découvrir alors. :)

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  2. J'ai lu tout ^^
    Sinon, dommage qu'il t'aie moins plu mais c'est déjà bien une très bonne lecture :) Je compte lire d'abord Le soleil est pour toi :p Si j'aime et bien, peut-être découvrirais-je celui-ci ;)

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    1. Wahou, tu es courageuse. ^^
      Oui ! IL FAUT QUE TU LE LISES !! :D

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  3. J'avais adoré le ciel est partout, donc je me demande ce que vaut le soleil est pour toi :p il est dans ma WL !

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    1. Le soleil est pour toi est 100 fois mieux ! :D

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  4. malgré quelques points, ça semble tout de même être une bonne découverte. Je ne connaissais pas du tout

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    1. Il vaut quand même le coup. :) Contente que ma chronique ait été utile !

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  5. J'ai ce livre dans ma PAL, et même malgré les côtés négatifs tu m'as donné envie de le lire -et de rencontrer Joe- ^^.
    Je ne connais pas le soleil est pour toi, je vais voir ce que c'est un de ces quatre :).

    Camille :)

    (Ps : j'ai levé la main ;)

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    1. Merci d'avoir tout lu. :D
      Il est quand même bien ; ma déception vient d'avoir lu LSEPT avant. ^^' Joe est un perso génial !
      Gniii, il faut que tu le lises, ce livre est tellement magnifique !

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  6. Bon alors je lève la main parce que j'ai tout lu :). Non mais moi j'aime bien les chroniques développées comme ça, c'est très bien. Durant ma lecture, quand je suis arrivée à "triangle amoureux" j'étais en mode "noooooon". Après le livre aborde des thèmes assez profonds comme le deuil, ce que j'aime beaucoup (pas le deuil hein, les thèmes abordés XD). Mais le personnage de Lennie m'a l'air assez ambivalent, j'ai du mal à envisager sa relation avec Toby. Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter mais ta chronique va m'y faire réfléchir en tout cas :)

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    1. Hihi, merci. ^^ La taille peut quand même rebuter.
      C'est vrai que la relation Toby-Lennie m'a pas mal rebutée, mais Joe rattrape tout. :) Je te laisse décider si tu dois le lire ou non, c'est à toi de voir.

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  7. *lève la main*
    Je l'ai lu il y a pas mal d'années et je crois que j'avais été un peu déçue. Enfin, j'avais bien aimé sans plus. Et je me souviens que la fin m'avait déçue ^^

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    1. Merci !
      Je comprends. :) La fin est vraiment dommage, il manque des pages au livre.

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  8. Dans ma PAL! J'ai tellement aimé Le soleil est pour toi que j'avoue, j'ai peur d'être déçu!

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    1. C'est ça le problème avec LSEPT ! C'est très dur de ne pas comparer malheureusement. :/

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  9. Une très bonne lecture pour ma part. J'aime tellement la plume de Jandy Nelson ! C'est vraiment dommage pour le triangle amoureux et le personnage de Lennie, parfois bof-bof.

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  10. Je n'ai pas lu Le soleil est pour toi (mais par contre, tu m'as bien donne envie, même sans avoir lu ta chronique et sans savoir de quoi ça parle, merci) mais je pense que, malgré les points négatifs que tu soulèves, c'est une lecture qui pourrait me plaire. Faut dire que j'aime assez ce que fait Scripto en général...

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    1. Le soleil est pour toi est absolument génial, j'espère que tu pourras le découvrir. :) Je comprends. ^^ J'aime aussi pas mal les éditions Scripto, ils ont toujours de très bons livres.

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  11. Je l'ai lu quand j'étais ado et j'en garde un bon souvenir

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  12. Dommage que tu n'aies pas aimé ce livre autant que l'autre mais c'est difficile quand on a un super coup de coeur, on attend beaucoup du second livre de l'auteur en général...
    En tout cas, tu parles tout de même très bien de ce livre :)

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    1. Oui... C'est tellement dommage !
      Merci ! :D

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  13. Jolie chronique très bien détaillée :)
    J'ai lu ce livre il y assez longtemps, et avec ma mémoire de poisson rouge, je ne m'en souviens pas très bien. Je me rappelle juste que j'ai versé quelques larmes :)

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    1. Merci !
      C'est vrai que c'est un livre très touchant. :)

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