jeudi 19 mai 2016

Le harcèlement scolaire

    Bonjour à tous,
    Cet article est un peu particulier. (Je précise que c’est Julie qui parle.) En effet, nous n’avions aucun article de prévu, et nous avons horreur des blancs sur le blog. Nous nous demandions ce que nous pourrions faire pour meubler un peu, et finalement j’ai eu cette idée sans concerter Emilie. Cela faisait pas mal de temps que je voulais faire un article pour parler d’autre chose que la littérature, mais en même temps je n’osais pas trop, de peur de trop me livrer ou que cet article tombe comme un cheveu dans la soupe. En effet, comme l’indique le titre, j’aimerais parler du harcèlement scolaire. Certains le savent peut-être parce que je l’ai dit une fois ou deux en commentaire quand des livres ou articles s’en rapportaient, mais Emilie et moi avons été victimes de harcèlement scolaire les 4 ans qu’ont duré le collège, et je considère que ça a également continué l’année dernière, quand nous étions en seconde. J’aimerais donc vous en parler, dire ce que j’ai ressenti, etc. Si vous n’avez pas envie de lire ce post, je comprends parfaitement puisque ce n’est pas très gai. Mon but n’est pas de me plaindre, juste de partager mon expérience. Je précise que je ne parle qu’en mon nom : comme je le disais, j’ai écrit cet article sans me concerter avec Emilie – je ne parlerai qu’avec le « je » et pas le « nous », parce que je ne sais pas si elle a ressenti les choses comme moi. Aujourd’hui, on parle beaucoup de harcèlement scolaire, ce qui est très bien. Toutefois, je pense qu’on n’en fait pas encore assez. Bref, si vous avez lu cet article, n’hésitez pas à poster un petit mot en commentaire, ou juste me dire si vous l’avez lu ou pas.
    Cet article ne sera pas du tout structuré, alors je m’en excuse… 
    Comme je le disais, le harcèlement scolaire a commencé quand je suis entrée au collège, en 2010/2011. Au début, je ne savais même pas ce que c’était, le harcèlement. Ce n’est que quand des interventions ont été faites les années suivantes que j’ai compris que ce calvaire avait commencé très tôt. Trop tôt. J’avais donc 11 ans, je n’étais pas jolie, je n’avais pas d’amis, une sœur jumelle (dans un collège de campagne, nous étions comme des bêtes de foires…), et en plus j’étais une « intello ». Je n’étais pas bavarde, et je ne savais pas comment me faire des amis. Presque tout de suite, des élèves sont venus vers nous – Emilie et moi étions toujours ensemble, bien que nous n’ayons pas été dans la même classe – et nous ont parlé, se sont moqués de nous. Ça a continué toute la 6ème, les moqueries, les brimades, les rejets. Et nous n’avons jamais rien dit.
    En 5ème, c’est là que j’estime que le harcèlement scolaire a vraiment commencé. Je n’oublierai jamais mes cours de français, que je détestais parce que le garçon qui était derrière moi poussait mon sac, ma chaise, me parlait tout le temps, se moquait. Et il n’était pas le seul. Moi, je ne disais rien.
    La 4ème et 3ème, toujours pareil. Je ne me rappelle plus trop des années avant la 3ème, je crois que j’ai préféré tout oublié. En revanche, et j’y repensais déjà il n’y a pas longtemps, je me rappelle parfaitement la 3ème. Emilie et moi étions dans la même classe. Comme l’épisode que je vous racontais précédemment en français, jamais je n’oublierai le cours de latin. Une fois, les élèves qui étaient derrière Emilie et moi nous ont jeté des bouts de papiers. C’était visible. Ils étaient dans nos sacs, sur nos tables. J’avais envie de hurler. De leur dire d’arrêter. De le dire au prof. Oh, il l’a vu. Mais qu’est-ce qu’il a dit ? Il a surpris un garçon, qui n’était pas à l’origine de ce jeu mais qui y a quand même participé, et lui a dit de s’excuser. Il l’a fait, genre une phrase parce qu’il était bien obligé. Il devait aussi rédiger une lettre d’excuse. Cette lettre, je l’attends encore.
    Je n’oublierai jamais, non plus, un cours d’histoire des arts. Emilie et moi étions assises l’une à côté de l’autre, et derrière nous deux personnages s’amusaient à pousser nos chaises, envoyer des bouts de papiers. Et les profs n’ont rien vu. A la fin, j’avais envie de hurler, de leur faire du mal. Ce que je n’ai pas fait.
    Voilà donc mon vécu en quelques paragraphes. Il ne faut surtout pas sous-estimer le harcèlement scolaire : c’est vraiment quelque chose qui vous brise. Depuis, à cause de ça, je vis dans une peur constante qu’on me remarque, qu’on fasse des commentaires parce que je ne suis pas comme les autres. J’ai peur que ce calvaire recommence alors que je pensais la page tournée.
    Il faut savoir que je n’ai jamais rien dit du harcèlement à mes parents ou aux profs de mon collège. Le seul endroit où j’en ai un peu parlé, c’était sur Internet comme je le fais maintenant. Je sais qu’ici je reste anonyme, que personne ne me connait dans la vraie vie et que ce que je dis n’aura aucune répercussion dans ma vie « réelle ». Je n’ai jamais rien dit à mes parents. Pourquoi ? Parce que j’avais peur les décevoir. Quand on est harcelé, en général, c’est parce qu’on est différent, « faible », et qu’on ne sait pas se défendre. Moi, je n’ai jamais su et je ne sais toujours pas me défendre. En 3ème, ma seule arme était le silence : quand des c*** - je ne peux employer que ce terme tellement je les hais – me parlaient, je ne répondais rien. Ou à peine un mot. Alors, ils rigolaient, ils se moquaient. Ici même je ne peux pas dire tout ce que je ressens, puisque ce serait une incitation à la haine, ce que je refuse. Tout ce que je peux dire, c'est que j'espère qu'un jour, toute cette souffrance qu'ils m'ont causée se retournera contre eux.
    Plusieurs fois, en 3ème – je cite cette période parce que c’est celle dont je me souvienne le mieux – je me disais : « Si ils continuent, je vais le dire. ». Ils ont continué. Et je n’ai rien fait. Je songeais à mes parents, à toutes les complications que cela allait entraîner, et je me dégonflais : à quoi bon ? J’étais convaincue qu’ils se vengeraient, que ça aurait été encore pire.
    C’est pour ça que je dis que le harcèlement scolaire est quelque chose qui vous brise. On sait qu’on peut en parler, mais on sait aussi qu’il ne cessera jamais, que ce sera encore pire. Du coup, on subit, encore et encore, et on espère qu’un jour ça s’arrêtera, qu’ils abandonneront. Comme je le disais, encore aujourd’hui je vis dans une peur maladive et je suis complètement parano. Pour prendre un exemple stupide, j’ai peur de m’habiller comme je le veux vraiment à cause du regard des autres. On me jugerait. On se moquerait probablement. Je ne veux pas revivre ça. C’est au-dessus de mes forces. 
     Je précise également que le harcèlement que j'ai subi n'était que moral. C'est-à-dire que tout le monde se moquait de moi dès que je faisais quelque chose qui n'allait pas, on venait vers moi pour me provoquer, on me rejetait, des trucs comme ça. On ne m'a jamais frappée, donc ce que je vivais ne se voyait pas physiquement - à part peut-être dans les expressions de mon visage, je ne sais pas.
    Je me demande si un jour j’oserai. J’oserai assumer mes choix, ma différence. Oui, je ne suis pas comme les autres. J’écoute du metal. J’aime la lecture plus que tout. Je ne suis pas accro à mon téléphone portable. Est-ce que j’oserai le dire dans la vraie vie ? Non, clairement pas à tout le monde.
    C’est pour ça que dans un sens, avoir un blog m’aide. Ici, je peux parler de ce que je veux, de ce que j’aime, et personne ici ne me connait dans la vraie vie, ne sait qui est la fille qui se cache derrière son prénom en pseudo. Ici, personne ne me jugera parce que je ne suis pas belle, parce que je ne parle pas beaucoup.
    Aujourd’hui, alors que je suis en 1ère L, le harcèlement  a cessé. Cependant, il y a toujours des personnes qui se moquent. J’ai toujours peur de certaines personnes, j’essaye de rester le plus loin possible d’eux. Mais ces moqueries sont moins graves que celles d’avant. Toutefois, je n’arrive pas à passer outre.

    Je pense avoir dit tout ce qui me pesait sur le cœur depuis bien longtemps. Tout ça, je ne l’ai jamais dit à personne. Cet article n’est qu’un témoignage ce que j’ai vécu, de ce qu’est le harcèlement scolaire. Beaucoup l’ont dit et répété, mais je veux quand même le dire : ne sous-estimez jamais le harcèlement scolaire. Ça vous brise complètement. Alors, si vous êtes victime de harcèlement, ou que quelqu’un que vous connaissez en est victime, je vous en supplie : parlez-en.
    Voilà.
    Julie.

19 commentaires:

  1. Il faut beaucoup de courage pour surmonter le harcèlement scolaire et encore plus pour en parler, bravo à toi en tout cas... Il faut en parler et réagir, quand on voit ce qu'il arrive à certains jeunes, c'est vraiment malheureux...

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  2. C'est vraiment quelque chose de difficile et je pense que ça nous laisse un trace pour toujours. Ca fait de la peine de voir ce qui arrive et que ça ne s'arrête finalement pas mais je ne suis pas sûre que ça s'arrêtera un jour. C'était plutôt mon lycée qui a été compliqué. Pas de la même manière que toi. Mais je pense que rester avec les memes personnes de primaires à fin de lycée n'a pas aidé non plus. La fac a été une libération pour ça même si ça apporte d'autres choses aussi.

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  3. Comme tu le dis, il est bien que l'on parle plus de harcèlement scolaire, mais c'est encore trop peu lorsque l'on voit aux informations les conséquences très graves que ça peut avoir et tous les témoignages du même genre que le tien. La preuve qu'il y a encore beaucoup de choses à faire pour arranger ça.

    Personnellement, je ne comprendrais jamais pourquoi et comment les personnes qui voient ça, et n'en prennent pas forcément part - ce qui ne les excuse en rien, n'interviennent pas. C'est arrivé à mon meilleur ami au lycée et je n'ai même pas réfléchi. Pour moi, il était naturel d'être là pour lui, même jusqu'à l'accompagner chez le proviseur pour qu'il en parle enfin (avec pour conséquence de changer de classe, ce qui fut une bonne chose pour lui). Le groupe qui le harcelait ne s'est pas vraiment gêné pour s'en prendre un peu à moi par la suite, mais rien de comparable avec ce qu'il avait subi lui et c'est vite passé.

    Pour moi, tu es loin d'être faible ;) Tu oses prendre la parole, même anonymement sur internet, c'est déjà beaucoup et j'espère que ça t'aide. Les plus faibles sont ceux qui ont besoin d'être en bande pour s'acharner sur une personne seule. Mais aussi, ceux et celles qui voient ça sans réagir, autant les élèves que les profs !

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  4. Bonjour Julie,

    ça m'a beaucoup touchée de lire ton témoignage, et je te dis bravo d'avoir osé franchir le pas pour raconter ce que tu as vécu, même si c'est sur internet.
    Je me suis beaucoup reconnue dans ce que tu dis, même si pour moi la période du collège date de plus de 10 ans. Cela m'avait beaucoup marquée néanmoins.

    Maintenant, ce que je voudrais te dire, et ce n'est qu'un conseil que je te donne, c'est d'en parler avec tes parents. Je ne connais pas ta vie de famille, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'ils ne seront pas déçus.

    Le plus important, c'est que tu leur dises ce que tu ressens, je pense que s'ils le savaient, ils pourraient t'aider, ou même simplement te soutenir. Cela soulage beaucoup de pouvoir discuter de ces problèmes, même s'ils nous paraissent trop énormes, trop insurmontables, à ses proches (ce peut être aussi à des cousins, oncles et tantes, quelqu'un dont tu te sens très proche et qui tient à toi).

    Ensuite, je t'encourage à ne jamais laisser tomber tes passions, la lecture, le métal, pourvoir se raccrocher aux choses qu'on aime et qui nous font nous sentir "nous" est une grande force, c'est cela qui te permettra de t'élever au-dessus de ce que te font subir ces idiots du collège et du lycée. Je t'encourage à t'habiller comme tu le souhaites, essaie, essaie juste une fois. On ne peut jamais être sûr de la façon dont les autres vont réagir, c'est effrayant, mais c'est encore plus dommage de s'empêcher de vivre à cause de ça. Il faut du temps, mais petit à petit, je suis sûre que ça va aller. De plus, tu es en filière L, et tu fais ce que tu aimes, non? Il faut continuer =)
    Personnellement, ce sont justement ces deux années, première L et terminale L, qui ont été les meilleures années de ma scolarité ^^

    J'aimerais pouvoir te donner du courage, et te dire que tout ira mieux à l'avenir, que ça va s'arranger, mais je ne suis pas un bon exemple, et je ne donne pas forcément de bons conseils. Mais j'espère de tout cœur qu'ils arrêteront enfin, ces persécuteurs, de te faire du mal, et que tu arriveras à être plus indulgente envers toi. Ce n'est pas ta faute, tu n'as rien à te reprocher. Et j'espère que tu trouveras toujours un soutien en ta soeur (j'ai moi aussi une soeur jumelle, vois-tu ^^).

    Merci pour ton témoignage, et courage!! =)

    Camille

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  5. Le harcèlement scolaire est un sujet qui me touche car je m'y connais un peu. Je ne crois pas en avoir moi-même été victime, mais c'est vrai qu'à partir du collège il y a eu une vraie rupture et étant timide, intello (enfin sans atteindre les notes que vous avez en 1ère L ;) mais c'est suffisant pour eux) et belle ou pas ça je n'en sais rien, j'avais parfois des commentaires ou ce genre de trucs pour lesquels on pourrait se demander si c'était du harcèlement scolaire ou non. Des fois ça me déprimait mais les rares fois (avec de prétendues amies) où ça a dépassé les bornes, je ne pouvais faire autrement qu'en parler à mes parents car je suis incapable de garder ça pour moi. Même en seconde, les gens ne sont pas assez matures pour ne pas faire de commentaires etc. Je n'ai jamais réussi à savoir s'ils se foutaient vraiment de ma gueule et me méprisaient ou pas. Je comprends ce que tu veux dire car moi-même je ressens un peu de honte de ne pas avoir eu d'autres relations avec les autres, mais je me demande ce que ça y changerait : je ne me vois pas changer de personnalité, j'ai réussi à trouver des amies fiables et j'aime ce qui me rend différente, que ce soit la lecture ou autre donc ça me fait plaisir d'être "bizarre" en un sens ^^ j'ai énormément vu la différence entre la 2nde et la 1èreL (à cause du changement de lycée ? De la filière ? de l'âge ? un peu de tout à mon avis). J'adore ma classe car elle est drôle mais sans vraiment de conflits, les intellos comme les sécheurs sont acceptés x) je suis toujours une intello (mais moins) dans le sens où je bosse beaucoup donc j'attire des commentaires, mais soit je suis vraiment nulle pour traduire les comportements et dans ce cas ils ne m'aiment pas, soit ces commentaires ne sont pas du harcèlement scolaire ^^' généralement ça ne me dérange pas, j'envisage que ce soit méchant mais au final je rejette cette option.
    Je souhaite énormément que tu puisses affirmer ta confiance en toi et revendiquer ta personnalité. Je pense que le plus important est d'abord que tu sois bien avec tes amis, que tu leur montres telle que tu es vraiment car si ils ressentent vraiment quelque chose pour toi, ils ne pourront pas être méchants, impossible :)
    Oh mon dieu, je viens de me rendre compte du pavé que j'ai écris !! Je sais même pas si c'est compréhensible... Excuse-moi... J'espère que toi et Emilie allez surmonter cette épreuve, je vous le souhaite sincèrement ♥
    ça m’écœure de savoir que des gens sont si peu soucieux de ce que les autres peuvent ressentir, et j'aimerais énormément que ça change.

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  6. Un témoignage très touchant et intéressant. Je n'ai jamais eu le problème du harcèlement, j'ai toujours réussi plus ou moins à m'assumer, mais je ne suis ni dans un collège de campagne, et je n'ai pas de jumelle non plus, donc pas de regard "bête de foire".
    Cependant, j'ai toujours eu un lien particulier avec le harcèlement, j'ai changé d'amis car ils étaient justement le genre de personnes à harceler, et j'ai bien fait.
    Mais ce lien particulier avec le harcèlement est dû au fait que mon père travaille dans une branche spéciale de l'éducation nationale, qui le met en lien dans les établissements scolaires en crise. Il me raconte, où il va et pourquoi, et il m'explique. Je pense que je n'ai pas besoin de dire qu'il est intervenu dans un grand nombre d'établissements scolaires ou des élèves, victimes de harcèlement, et surtout moral, car c'est là que c'est le plus compliqué, ont mis fin à leurs jours.
    Depuis je suis à l'écoute des gens, je me montre plutôt gentille -je crois- et surtout jai horreurs des gens qui se moquent, alors j'essaie d'aider et de venir en aide du mieux que je peux.
    Sachez que je vous admire, pas parce que vous avez été harcelées et que j'ai pitié, parce que non, ça ne marche pas comme ça, mais surtout parce que malgré tout, vous avez su supporter, et aujourd'hui vous tenez un super blog. Pour le style vestimentaire, meme moi qui ne suis pas harcelée, jai quelques fois peur, mais en ce moment je m'assume de plus en plus dans mes vêtements.

    Julie, toi qui a eu le courage de parler, juste de t'exprimer, merci pour ce témoignage, vraiment, et je pense vraiment qu'il peut aider beaucoup de gens. ❤️

    Camille :)

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  7. C'est vraiment un très bel article, très poignant, très touchant !
    C'est bien que tu parles de ce que tu as vécu, que tu le partage parce que garder les choses pour soi n'est parfois pas la meilleure des solutions. Après, je comprends ta peur de ne pas vouloir en parler, d'avoir peur de passer pour quelqu'un de "faible" ou de décevoir.
    Mais tu sais, dans cette histoire, ce n'est pas toi la personne faible, bien au contraire. Il faut beaucoup de courage et de force de caractère pour vivre, supporter ce que tu as vécu sans rien dire. Ce sont les autres les faibles, les lâches.
    Pour ma part, je n'ai jamais été victime de harcèlement même si parfois on se moquait de moi ou autre. Ce n'était jamais très méchant, c'était plutôt blessant. Vu que j'étais très timide et que je ne parlais pas beaucoup, les gens avaient plutôt tendance à m'ignorer. Ce n'était pas facile à vivre mais je te l'accorde, ce n'était pas grand chose par rapport à ce que tu as dû vivre.

    Le harcèlement est de nos jours un réel fléau mais personne ne dit rien, surtout les profs. Et il faudrait que cela change.
    En tout cas, merci pour ton beau témoignage. Et tu verras, quand tu quitteras le lycée, si tu vas à la fac ou autre, ça ira beaucoup mieux et tu pourras être comme tu le souhaites ! :)

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  8. Putain de merde. Voici ma réaction. Je le savais tout ce qui se passait. Je l'ai vu pendant 2 ans, ces connards qui se moquaient de vous, qui vous insultaient. Ah putain je me rappelle qu'à l'époque ça me révoltait profondément et que j'ai essayé de vous aider. Je sais qui vous êtes, et je vous aime telles que vous êtes, parce que vous être géniales et c'est grâce à votre différence. Si je m'épanouis au lycée, j'ai moi même été victime de harcèlement au collège. Mes anciennes amies ont pendant 2 ans transformé ma vie en enfer. Je ne m'en suis jamais rendu compte parce qu'après tout, si ce sont mes amis qui me disent des trucs méchants c'est normal. Putain on ne parle déjà pas assez du harcèlement et en plus on le minimise. Et on ne parle pas de l'influence que peut avoir quelqu'un sur une personne, comme l'ont été mes anciennes amies, ces peaux de vaches. Vous m'avez en quelque sorte sortie de là,et je ne vous remercierais jamais assez de tout ce que vous avez fait pour moi. Certes, on s'est éloignée, mais je n'oublie pas votre valeur, votre gentillesse, votre sensibilité et votre force. Sachez que vous êtes des personnes exceptionnelles qui ne méritent que le bonheur ♥

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  9. J'aurais bien aimé poster le 1er commentaire pour que les gens puissent avoir 2 points de vue plus ou moins différents sur la même question mais tant pis...
    Je pense que je n'ai pas vécu ça tout à fait comme toi. Moi, même en 6ème j'étais déjà complètement mise à l'écart : personne que je connaissais dans la classe alors que tout le monde se connaissait presque, j'étais toujours la fille mal habillée qui ne parlait jamais, ne savait pas se défendre et ne répondait pas quand on lui parlait... Et de même en 5ème et 4ème évidemment. Mais je trouvais ça normal en fait. Je savais (et je sais toujours d'ailleurs) que je ne suis pas comme il faut, on m'a d'ailleurs déjà reproché d'être moi et je comprends très bien pourquoi. Je sais que je ne fais jamais rien comme il faut. Du coup les gens se foutaient de moi mais je m'en cognais complètement en fait. Enfin, ça, c’était ce que je me répétais, même si au fond de moi j’en avais marre que tout le monde nous regarde en nous montrant du doigt et en riant et en posant des questions à la con.
    Moi aussi je me rappelle bien de la 3ème, mais par contre tu vois, les épisodes en latin et en HDA, ils m’étaient complètement sortis de la tête. Sérieux. Je l’ai fait exprès, en espérant passer à autre chose, mais quand j’y repense maintenant… Moi aussi j’avais envie de péter un câble et de tout balancer au prof ou en vie sco’, mais tu parles, on ne l’aura jamais fait. De toute façon, qu’est-ce que ça aurait changé ? Je suis sûre que ça aurait été pire, parce que là tout le monde était contre nous. Ils l’auraient été encore plus.
    J’espérais tellement que ça changerait avec le lycée. Eh bien, qu’est-ce que je me suis fourré le doigt dans l’œil. Tous ces salo***ds de terminales qui n’arrêtaient pas de nous regarder en se moquant, et même ceux de notre année, même si c’est supportable… Les gens se disent toujours que ça doit être bien d’avoir une jumelle, mais quand on est aussi proches que nous nous le sommes et qu’on a aucun VRAI ami, des fois je me dit que ce n’est quand même pas la joie. Le truc c’est qu’on est tellement habituées à être toujours que nous deux que nous ne savons pas comment réagir et comment être proches de gens qui ne sont pas comme nous. C’est mon point de vue, hein, mais moi je vois ça comme ça : je t’ai toi et je n’ai besoin de personne d’autre, je ne vois pas l’intérêt d’avoir des amis et de parler à d’autres gens alors qu’il n’y a qu’avec une seule personne que « je ne me sens pas comme un otage », pour citer Le soleil est pour toi. Je ne sais pas si quelqu’un peut comprendre ça, mais je suis sûre que ceux qui se sont moqués et continuent à se moquer de nous l’ont vu, ça ; ils ont vu qu’il n’y aurait jamais personne pour nous défendre parce qu’on est toujours toutes les deux, et ils en ont profité à mort.
    Pour revenir à la 3ème, ce que j’ai le plus mal vécu, c’était clairement le corset, parce que les gens m’ont encore plus prise pour une bête de foire. En début d’année, ça allait, mais à force, tous ces gens qui s’amusaient à toquer dessus pour voir ce que ça faisait sans me demander quoi que ce soit, juste pour le fun, ça m’a profondément révoltée. Ils me prenaient pour… je ne sais même pas quoi.
    Cependant, ça c’est quand même considérablement amélioré cette année. Je n’apprécie pas toutes les personnes de la classe mais PERSONNE ne se moque de nous et ne nous exclut complètement. Et puis, je suis tellement fière d’être en L en plus. C’est cette fierté qui m’a redonné courage, et le blog m’a aussi aidée.
    Et puis voilà. Désolée pour le commentaire ultra long qui m’a pris une page Word entière…

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  10. C'est très courageux à toi de te livrer, confier ainsi. C'est un sujet important et grave. Bravo pour ton courage et bravo pour ce beau texte !
    Il faut savoir que le collège/lycée sont des périodes très difficiles notamment pour les gens qui une personnalité, une certaine maturité, qui sont différents, qui ne cherchent pas à rentrer dans le troupeau de moutons... C'est dur mais peu à peu on se rend compte que peu importe l'avis des personnes qui se moquent, peu importe leur regard ce n'est pas cela qui compte. Ce qui compte c'est le regard des gens qu'on aime et qui nous aiment. Le reste c'est du vide :)

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  11. Qu'est-ce qu'on peut dire ? Je ne sais pas. J'ai envie de hurler, de crier pour vous. Je ne vous connais absolument pas, je n'ai dû laisser que quelque commentaires sous vos articles. Mais j'avais envie de réagir, de te "remercier" Julie de nous avoir écrit cela. Cela aidera peut-être des personnes à reconnaître des situations de harcèlement.

    Je suis en troisième et je n'ai jamais vécu ça. Bien sûr les petites remarques du style "En fait, t'es une intello tu passes ton temps à réviser et à lire." ; "Ouais, mais t'as pas de vie à part les cours toi.". Je ne réagis jamais face à ces remarques, je me renferme encore plus sur moi-même. Comme toi, j'ai peur que l'on me juge. J'ai peur que tout ce que je pourrais dire puisse devenir sujet à des plaisanteries.

    On a été sensibilisés au harcèlement en cinquième et on nous a toujours dit "Il faut parler." Je pense que c'est facile de dire cela. Je ne peux pas me mettre à ta (votre) place, mais je comprends que tu aies peur de décevoir tes proches. C'est bien que tu sois si proche avec Emilie, mais en ne parlant pas, ne vous rendez-vous pas chacune complice du malheur de l'autre ? Enfin bon, ce n'est qu'une remarque de ma part, et je ne me permettrai jamais de juger ce qui vous arrive et ce que vous faites.

    J'ai lu tous tes commentaires, dont le tien, Emilie. Je crois que tu le sais mais je porte également un corset. Je suis choquée par ce que tu as dû enduré. Une fois, j'ai eu une remarque : un groupe de segpas qui, à la cantine, a commencé à dire : "elle a une bosse, elle a une bosse !" Je l'ai très mal vécu. Personnellement, peu de gens sont au courant que je porte un corset, ce qui explique que je n'ai jamais subi cela mais si je devais faire face à des moqueries, cela me briserait à petit feu. Je trouve cela tellement honteux. Injuste.

    Merci à toi, Julie pour ton témoignage, à toi aussi Julie. J'ai toujours l'espoir de croire qu'un jour, l'Homme vivra en paix et ne sera plus obligé de rabaisser les autres.

    Victoire3

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  12. Je suis très touchée par ton article, Julie. Moi aussi, j'ai été victime d'harcèlement. Alors, pas autant de temps que vous (1 an et demi) mais j'ai énormément souffert de cela. Mes parents ne l'ont su que l'année après, quand c'était terminé.
    J'en étais arrivé à un point où je voulais en finir car je souffrait énormément psychologiquement. Mes parents ont été fortement attristé mais surtout mon père qui s'en est voulu de ne pas l'avoir vu ...
    À présent, je suis beaucoup mieux dans ma peau. Je suis toujours timide et assez introvertie mais j'avance petit à petit et j'évolue :)

    Par contre, j'ai également peu d'amis : 2, pour être exacte. Personnellement, je ne suis pas quelqu'un qui aime sortir en soirée ! Je suis une personne très casanière qui préfère rester chez moi à lire que de sortir avec d'autres. Je suis assez solitaire, finalement ...
    Parfois, je me sens à part des autres mais, finalement, je fais ma vie. Même si je regarde souvent au "Quand diras-t-on ?", je vis ma vie et voilà.

    En tout cas, je vous dis courage les filles et surtout, chapeau pour cet article car tu t'es déjà un peu livrée, même si c'est anonyme ❤

    En bref, c'est le genre d'article où j'ai dû mal à dire quelque chose mais qui me touche et me bouleverse énormément !

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  13. Il est très touchant ton texte Julie (et ton commentaire en réponse aussi Emilie). On entend de plus en plus parler de harcèlement scolaire et c'est tant mieux, car chaque témoignage que je lis sur le sujet me terrifie. C'est quelque chose qui m'est totalement inconnu puisque j'ai toujours été plutôt bien intégrée et je crois même que personne n'a subit ça autour de moi (je dis que je crois parce qu'au fond on ne sait jamais). C'est déjà un grand pas que tu as fait en en parlant sur le blog et j'espère qu'un jour tu arriveras à en parler à tes parents. Mais j'imagine bien que c'est plus facile à dire qu'à faire. Courage à toutes les deux <3

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  14. Câlin !
    Très honnêtement, on parle encore trop peu du harcèlement scolaire, même si beaucoup plus ces derniers mois. A titre personnel, ça m'a refait penser à ma scolarité, et je me dis que jamais je n'avais eu d'interventions sur le sujet (j'ai une dizaine d'années de plus que vous, ce n'était pas le truc "à la mode" de l'époque) (oui, parce que j'ai vraiment l'impression qu'on en parle beaucoup en ce moment, mais comme de certains sujets qui reviennent régulièrement, sans que ça tienne sur le fond, je ne sais pas si je suis claire). Je ne pense pas avoir été harcelée personnellement (même s'il y a toujours des moments où on subit des moqueries, c'était plutôt au primaire pour ma part, mais sans rentrer dans les mêmes proportions) mais je sais que certaines personnes de mon entourage l'ont été, et c'était difficile d'en parler parce que ces mots "harcèlement scolaire" n'existaient pas à l'époque. On parlait de "moqueries", voire à la limite de "bizutage" et c'était toujours très minimisé par les profs / pions / etc. Du coup, je pense que l'environnement s'est quand même amélioré pour les victimes, et c'est une bonne chose.
    En tout cas, je suis persuadée que des témoignages comme le tien aident :)

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  15. Ton article arrive pile au moment où j'hésite à écrire le mien. Pourquoi cette hésitation ? Par la peur qui reste après ce harcèlement. Et encore, même le mot harcèlement me semble trop important pour ce que j'ai pu vivre l'année dernière.
    Une chose est sûre, c'est que ce qu'ils t'ont fait te rend encore plus forte que tu ne l'étais déjà. Car en comparant ma réaction au bout d'un an et la tienne au bout de 5 ans, tu l'es clairement.
    C'est fou ce que ces gens peuvent avoir comme influence. Je comprends cette peur du regard des autres, même si je me débrouille pour le dépasser cette année. Mais encore, j'ai encore des séquelles, je les sens.
    En fait, je ne sais pas vraiment quoi répondre. Je n'arrive pas à mettre des mots sur la tonne de choses qui ont envie de sortir. Juste écrire ces mots me font avoir presque les larmes aux yeux. Mais comme toi je pense que tout le monde devrait être plus sensibilisé au harcèlement. Surtout les adultes car certains réduisent clairement le problème en faisant comme si tout était normal et ceux qui le subissent ne peuvent que se cacher encore plus et se sentir encore plus mal.
    Bref, merci pour ton article et surtout, ne te laisse pas bouffer par tout ce qu'il reste et cette peur. Tu vaux le coup d'être découverte telle que tu es ♥

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  16. Le témoignage d’Émilie et le tiens, Julie, m'ont énormément touchée et révoltée !!! Je déteste les gens qui se moquent des autres et qui ne font que critiquer...
    Je suis de tout cœur avec vous, toutes les deux, même si je ne vous connais qu'à travers la blogo car vous êtes sincères, touchantes et super gentilles♥ Vous êtes super courageuses de vous livrer, et je pense qu'il ne faut pas hésiter à en parler... Je n'ai jamais été harcelée, alors je peux à peine imaginer ce que vous avez vécu, mais je pense que ça serait important d'en parler... Des gens pourraient vous aider, et vous vous sentirez peut-être mieux♥ (Ceux-ci n'est que mon avis, hein, car même si je ne vous connais qu'à travers internet, j'aimerais sincèrement que tout cela s'arrête !)

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  17. J'ai eu la "chance" de ne jamais avoir été harcelée à proprement parler, mais tu as bien raison d'en parler : il faut que ce tabou cesse !

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  18. Ton texte es très touchant ! Je pense que c'est toujours bien d'exprimer ce que l'on ressent, de quelle manière que ce soit.
    Je vais essayer de faire mon commentaire de manière succincte, je ne pense pas être la mieux placée pour m'exprimer sur le sujet.
    Quand j'étais plus petite, j'ai aussi mes épisodes (notamment au collège), où les plus populaires se moquaient de moi (j'étais soi-disant moche, mal habillée, trop intello, tout ça...). Ça a même été assez loin, une fois, dans un cours de gym, une fille a placé son briquet encore chaud contre mon bras et m'a brûlée avec (j'en avais parlé avec le directeur à l'époque, si je me souviens bien, même si ça n'avait pas changé grand chose, en tout cas, ça m'avait fait du bien d'en parler). Mais, je dois l'avouer, aujourd'hui je n'y pense pour ainsi dire jamais.
    La chose que je veux te/vous souhaiter aujourd'hui, c'est que tu/vous rencontres/rencontriez des gens qui vous apprécieront comme vous êtes, et qui, ce faisant, te/vous permettront d'être sûre/s de toi/vous et de ne plus avoir peur. C'est ce qui, moi, m'a permis de m'affirmer (j'ai fait quelques calculs, je suis un peu plus âgée que vous, et je peux assurer que ça s'améliore avec le temps !). Au final, c'est l'avis des gens que j'apprécie qui comptent. Le reste, c'est pas important. Maintenant, j'assume mes goûts, je m'habille comme je le souhaite (et alors que je fuyais le regard des gens avant, en essayant de me fondre dans la masse, je porte aujourd'hui des habits plutôt voyants pour attirer le regard), je suis moi-même et si ça ne plait pas à quelqu'un, tant pis, ce n'est pas important, il y a plein d'autres personne sur cette terre.
    Bref, j'ai raconté ma vie sur quelques paragraphes en espérant que ça puisse montrer qu'avec le temps et les bonnes personnes, on peut surmonter les remarques des cons qui n'ont rien de mieux à faire que de passer leur temps à blesser les autres.
    J'espère sincèrement que tout s'améliorera pour toi/vous (le vous est pour ta soeur et toi), le fait que tu en parles ici est un premier pas !

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  19. Ton article est très bien écrit, très touchant...

    Personnellement, je ne ferai pas de long commentaire (je n'en ai pas le temps ni le courage, et je risquerais de m'étaler). Mais tout ce que je veux vous dire c'est que lorsqu'on est harcelé quatre années de suite, ce n'est pas parce qu'on est faible. Bien au contraire. Il faut un courage immense pour supporter ça toutes ces années sans rien dire à personne, sans broncher; de passer quatre années insupportables comme vous l'avez fait. Vos parents ne seront pas déçus. S'ils le sont, ce ne sera pas parce qu'ils vous considéreront comme faibles, mais parce qu'ils regretteront que vous ne l'ayez pas dit plus tôt.
    Tu n'es pas faible, Julie. Tu es forte, tu es courageuse.

    En tout cas merci pour cet article, je pense que ça n'a pas dû être simple pour toi de l'écrire, même si cela n'aura aucun impact sur ta vie IRL.
    On est avec vous <3
    Bisous!
    LPSV

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