samedi 30 juillet 2016

Un peu de classiques... [15] Emile Zola & Marivaux



Titre : L’Assommoir
Auteur : Emile Zola
Edition : Folio Classique
Nombre de pages :  518 (sans dossier)
Résumé : L'Assommoir était un bar, rue Poissonnière, à Paris, en 1870. C'est là, dans les vapeurs d'alcool, que se nouera la tragédie de Gervaise.
Abandonnée par le père de ses deux enfants, elle épouse l'ouvrier zingueur Coupeau. Heureux, ils travaillent douze heures par jour jusqu'à ce que Coupeau tombe d'un toit. Ils s'enfoncent alors dans la pauvreté, le vice et l'alcoolisme.





    Après Germinal, mon premier roman de l’auteur, que j’avais adoré, me revoici avec l’autre livre que comptait ma PAL, grâce à mon cousin : L’Assommoir. Même si j’ai préféré Germinal, celui-ci reste une très bonne lecture.
    On y suit, sur une vingtaine d’années, Gervaise Macquart, qui a 20 ans au début du roman. Il va lui arriver plusieurs choses durant toutes ces années : des bonnes, où elle est au sommet de sa gloire personnelle, mais aussi des mauvaises, où elle sera au fond du gouffre… Je ne veux pas trop raconter, parce que sinon je vois spoilerais tout. Dans ce roman, Zola dénonce plusieurs choses : la vie ouvrière, évidemment, comme dans Germinal, où les ouvriers sont sous-payés et triment toute leur vie. Mais il s’intéresse également à la misère qui ressort toujours, et aussi à l’alcool, comme l’indique le titre : l’Assommoir est en effet une sorte de bistrot, les gens allaient se saouler… Zola, en s’attaquant à des problèmes trop souvent cachés, en profite pour dénoncer l’égoïsme avec les Lorilleux, qui sont détestables à toujours ne penser qu’à eux, et à retourner leur chemise quand ça les arrange. On retrouve aussi le parasite – vous savez, cette personne qui squatte les foyers et les manipule pour son propre profit ? – en le personnage de Lantier, que je vous laisse découvrir.
    Ce roman ne peut pas laisser indifférent. Au début, je me suis vraiment attachée à Gervaise : je la comprenais, je vivais avec elle. Cependant, par la suite, elle tombe tellement bas, et les personnages qui gravitent autour d’elle sont tellement de pire en pire, que la lecture devient difficile. Pas à cause du style, mais à cause de toutes les émotions que l’on ressent : on a pitié des personnages, mais en même temps on ne peut pas les détester complètement… C’est ce qui fait que ce n’est « que » une très bonne lecture : si ce livre est clairement à lire, il ne réunit pas toutes les qualités pour que le lecteur l’aime, dans le sens complet du terme.
    Attention, je ne critique pas le roman : je me place juste de mon point de vue de lectrice. On sent vraiment le réalisme dans la plume de Zola, qui s’adapte au langage de ses personnages, puisqu’on retrouve beaucoup de mots d’argots (heureusement, un lexique était disponible à la fin du livre).
    Ainsi, L’Assommoir est une très bonne lecture, parce que j’ai réellement souffert en le lisant, en vivant avec les personnages. Avec un tel mal-être, difficile de le classer plus haut ! Mais au niveau de la qualité, il mérite un large 20/20, et je ne peux que vous encourage à le lire.

***

Titre : La double inconstance
Auteur : Marivaux
Edition : GF Flammarion
Nombre de pages : 101 (sans dossier)
Résumé : Silvia et Arlequin s'aiment. Mais le Prince s'est épris de la belle et l'enlève. Entremetteuse du Prince, Flaminia séduit Arlequin et s'attire les confidences de Silvia. Attisant sa coquetterie, elle initie la jeune paysanne aux jouissances mondaines. Mais elle pique également son amour-propre des rumeurs jalouses de la Cour. Suggérant au Prince de se déguiser, elle lui permet de se déclarer en simple habit d'officier, à coeur ouvert, et de gagner celui de Silvia. Et La Double Inconstance s'achève sur un double mariage et marque alors la consécration de la logique froide du sentiment, des lois du coeur. Cette « comédie d'amour » resta longtemps incomprise du fait de son ambiguïté. Elle est sans nul doute l'un des chassés-croisés amoureux les plus brillamment ficelés du théâtre de Marivaux.


    J’avais oublié à quel point c’était agréable de lire du Marivaux. Rappelez-vous : j’avais déjà lu et chroniqué L’île des esclaves et Le jeude l’amour et du hasard, deux pièces que j’avais beaucoup aimé. J’avoue, je n’avais pas très envie de lire celle-là, j’avais peur de ne pas trop aimer, mais finalement je me suis forcée car je devais aller emprunter des livres le lendemain, donc je n’allais pas commencer un roman… Bref.
    Ici, nous suivons quatre personnages (il y en quelques autres, mais ce sont les principaux : ) Arlequin et Silvia, qui au départ s’aiment ; le Prince, qui aime Silvia et veut se marier avec elle (du coup il passe devant Arlequin, vu qu’il a de l’argent) et Flaminia, qui elle va aider le Prince à conquérir Silvia en séduisant Arlequin pour qu’il s’éloigne de Silvia. Oui, je sais, c’est compliqué. Sans oublier que le Prince va se déguiser en simple soldat, pour mieux séduire Silvia…
    Cette pièce porte remarquablement bien son titre (je vous laisse découvrir en quoi !) en plus d’être très intéressante. En effet, on voit vraiment l’évolution dans les sentiments de Silvia et Arlequin, et personnellement j’ai adoré la critique que Marivaux (je suppose : je n’ai pas étudié la pièce) fait par le biais d’Arlequin, à la fin, sur les nobles qui, en gros, volent les femmes des autres sans penser à ces autres.
     Marivaux a un style incroyablement fluide et pas du tout lourd, ce qui fait que la pièce se lit rapidement et qu’on passe un très très bon moment de lecture. Les personnages sont tous attachants à leur manière, et comme je le disais on voit bien l’évolution de leurs sentiments.
    Ainsi, c’est une excellente lecture ! J’ai adoré ma lecture, je ne vois aucun point négatif et je ne peux que vous encourager à découvrir la double inconstance de ces personnages…

***


Titre : Les Fausses confidences
Auteur : Marivaux
Edition : GF Flammarion
Nombre de pages : 132 (sans dossier)
Résumé : Un valet d'intrigue, Dubois, veut faire la fortune de son ancien maître ruiné, Dorante, en le mariant à sa nouvelle maîtresse, une jeune et jolie veuve, Araminte. De ce stratagème, l'amour va pourtant triompher. Un amour vrai, mais révélé à force de ruses et de manipulations. Dans les Fausses Confidences, Marivaux joue des valeurs morales pour mieux désorienter son public : entre sincérité et hypocrisie, vérité et fiction, désintéressement et cupidité, les frontières sont parfois poreuses.



    Il s’agit ici de ma quatrième pièce de Marivaux, et je pense que c’est celle que j’ai le moins aimé, même si elle reste une très bonne lecture. Attention, préparez-vous psychologiquement au résumé qui va suivre, car c’est compliqué.
    Nous suivons donc Dorante, jeune homme d’assez bonne naissance mais qui n’est pas riche. Il est amoureux d’Araminte, veuve, qui, elle, n’a aucun problème d’argent. Aidé de son valet Dubois, Dorante va se faire embaucher comme intendant auprès d’Araminte, et Dubois, le confident d’à peu près tous les personnages (d’où le titre), va inventer des choses, ce qui crée une sacrée intrigue, pour que au final Araminte tombe amoureuse de Dorante, qui lui va également jouer un double jeu.
    Voilà. J’ai trouvé cette intrigue moins intéressante que les autres, où on était plus dans les sentiments, l’amour… Ici, on est vraiment dans des intrigues, des cachotteries, des mensonges… Pour tout vous dire, j’ai trouvé cela assez farfelu, ce qui m’a un peu dérangée : je ne voyais pas l’intérêt de faire une pièce autour de ça, en fait.
    Malgré cela, c’est une pièce sympathique. Dorante est attachant, même si personnellement j’aurais eu plus de scrupules, si j’avais du tromper autant de personnes pour arriver à une fin si simple. La plume de Marivaux est toujours aussi fluide, et certaines situations sont assez drôles, puisque le lecteur connait la vérité. Là encore, on voit bien  l’évolution des sentiments chez Araminte, qui, mine de rien, s’attache à son nouvel intendant.
    Je pense que j’aurais préféré voir cette pièce au théâtre : le jeu scénique prend beaucoup de place, surtout dans les intonations, à mon avis, et je suis certaine que j’aurais passé un meilleur moment.
    Ainsi, il s’agit d’une très bonne lecture, mais pour l’instant c’est la pièce que j’ai le moins aimé de Marivaux.

20 commentaires:

  1. Je ne suis pas très classique, mais ravie de voir que tu as apprécié tes lectures !

    RépondreSupprimer
  2. J'ai La Bête humaine de Zola dans ma PàL, je dois avouer que c'est un livre qui me fait un peu peur :D Par contre je ne suis pas du tout intéressée par les pièces de théâtre, cela n'a jamais été ma tasse de thé :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu m'étonnes ! Ses livres sont vraiment effrayants. ^^' Ah, c'est dommage. :)

      Supprimer
  3. Réponses
    1. J'espère que tu auras l'occasion de les découvrir, alors. :)

      Supprimer
  4. Avec Zola, la prévention anti-alcool est efficace... C'est vraiment un super livre. Les Marivaux, je les lirai quand ma PAL aura diminué. ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet ! La double inconstance est génial. :)

      Supprimer
  5. Oh encore des classiques que je n'ai pas lu. Le seul que j'ai lu de Zola que j'ai lu reste au bonheur des dames mais j'avais bien aimé

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aimerais bien lire Au bonheur des dames. :)

      Supprimer
  6. L’Assommoir de Zola c'est un livre qui m'a vraiment marqué! Toute ma classe l'a détesté mais moi je l'ai tellement aimé! Et c'est ça qui m'a convaincu d'aller en L alors qu'à la base je voulais aller en ES, et donc qui a tracé ma voie! J'ai acheté les premiers tomes des Rougon-Macquart et je vais essayer de tous les lire!Du coup je suis contente que tu l'aies aimé :) Bisous et bonnes lectures!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pareil pour moi ! Je ne vois pas pourquoi beaucoup n'aiment pas Zola... En plus ses livres sont vraiment abordables. Je ne pense pas lire tous ces livres, mais au fur et à mesure, je pense que dans genre 10 ans je les aurai tous lus. :) Merci !

      Supprimer
  7. Aucun des deux ne me tente, je n'aime pas vraiment Zola et Marivaux c'est à petite dose :D

    RépondreSupprimer
  8. J'aime bien Zola, mais je le lis peu. En fait, j'ai le même avis que toi : c'est difficile à lire, pas à cause du style ou des tournures ou du nombre de pages, mais parce que c'est tellement réaliste qu'on souffre en le lisant.
    Du coup, j'en lis un par an, pas plus, parce que vraiment je rame sur mes lectures à chaque fois (je pense que mon prochain sera Au bonheur des dames).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends... Zola dépeint la vérité pure, et pour le coup ça fait mal ! Comme j'ai du temps, je le lis assez vite, mais souvent j'ai hâte d'en avoir terminé. Au bonheur des dames me tente beaucoup !

      Supprimer
  9. Germinal est un chef-d'oeuvre, il est le meilleur livre de Zola que j'ai lu pour le moment, même si j'ai beaucoup aimer également L'oeuvre. Mais après ma décpetion avec Nana, j'ai un peu de mal à me laisser tenter par l'auteur, même si L'assommoir est celui qui me fait le plus envie. Je sauterais le pas dans quelques mois je pense.

    Même si j'aime beaucoup les histoires dans les pièces de Marivaux, je suis toujours frustrée à la fin. Je trouve qu'il ne va jamais en profondeur dans les thèmes qu'ils proposent dans ses pièces et que c’est toujours trop court.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pareil pour moi pour Germinal, pour l'instant. Nana est dans ma PAL, alors j'hésite un peu à l'en sortir... L'Assommoir étant "avant" Nana, peut-être qu'il pourra rattraper ta déception, vu qu'on la voit ?
      Je suis totalement d'accord pour les fins : la morale n'est jamais assez dégagée, il faut vraiment creuser dans les paroles, et encore, c'est très vague. C'est vraiment dommage.

      Supprimer
  10. Je suis entrée dans une période classique moi aussi (je dois dire que c'est du à l'influence de votre blog ^^). Je commence par Zola, mais j'ai décidé de lire la saga des Rougon Macquart (dans laquelle il y a l’assommoir et germinal) dans l'ordre, ce qui me fait 20 tomes à lire XD. J'ai presque terminé le premier, La fortune des Rougon, et je dois dire que j'aime beaucoup. On y croise déjà Gervaise d'ailleurs !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Haha tant mieux alors ! J'adore les classiques, c'est tellement différent des livres d'aujourd'hui. Et souvent, tellement plus beau.
      Ouh là là, il en faut du courage pour lire les 20 tomes ! Je crois que je les lirai sur une très longue période... Il faudra que je lise ce tome 1 ! Je suis contente qu'il t'ait plu.
      D'ailleurs, Gervaise est la mère d'Etienne, héros de Germinal... ! C'est diiiingue, le travail qu'a fait Zola pour nous romancer toute cette famille.

      Supprimer

Parce qu'un commentaire fait toujours plaisir... :)