samedi 20 août 2016

Un peu de classiques [17] George Sand & André Gide

Titre : Le meunier d’Angibault
Auteure : George Sand
Edition : Le livre de poche, collection Classiques de poche
Nombre de pages : 460 (sans dossier)
Résumé : George Sand a tout fait dans sa longue existence travailler d'arrache-pied, voyager, aimer, enfanter. Elle milita aussi avec fougue pour un monde meilleur.
Les personnages de ce roman, paru en feuilleton dans un journal socialiste, veulent vivre et aimer sans considération d'argent ni de classe sociale.
Cela aurait pu être un roman à thèse, c'est une merveilleuse histoire d'amour. Le meunier épousera la riche fermière et la comtesse, son étudiant pauvre.
En toile de fond, le Berry, bien sûr, comme dans toute l'œuvre de George Sand, avec ses paysans enrichis, ses aristocrates débauchés et ses bals champêtres.
Tout au long de sa vie, George Sand a rêvé de fraternité et d'amour. Elle voulut, par son oeuvre, incarner ce rêve, le rendre possible... Voilà pourquoi ses romans sont si émouvants et si beaux.

    On se retrouve aujourd’hui pour des « avis de taille moyenne », c’est-à-dire que ce ne sont pas de longues chroniques, mais je détaille quand même pas mal. Ici, il s’agit d’un livre que j’ai acheté à Emmaüs pour 1 euro. George Sand est une auteure dont j’ai entendu parler en cours de français, et quand j’ai vu ce roman, que je ne connaissais pas, je n’ai pas hésité à craquer !
    Pour résumer un peu l’histoire, nous suivons Marcelle de Blanchemont, jeune veuve et bourgeoise. Se rendant compte que son mari avait perdu beaucoup de sa fortune avant son décès, Marcelle décide de se rendre avec son fils à Blanchemont, afin de voir la situation. Elle va rencontrer à Angibault, à quelques lieues de Blanchemont, un meunier : Louis, ou le Grand-Louis comme il est surnommé. Celui-ci va l’épauler pour qu’elle sache à qui vendre ses biens, etc, et ils vont apprendre à se connaître. Attention, il n’y aura pas d’histoire d’amour entre ces deux-là : Marcelle a déjà un amant, Henri Lémor, et Louis est amoureux de Rose, qui appartient à une famille plus riche qu’elle. Nous suivons donc deux idylles avec leurs aléas, mais pas que.
    En effet (je tire ça des notes de mon livre), George Sand s’exprime à travers ses personnages, notamment Marcelle, le meunier et Henri. Elle propose notamment des réflexions sur la valeur de l’argent, puisque nos trois personnages sont bien d’accord sur une chose : il est assez superflu, bien qu’utile. Pour preuve : Marcelle est contente d’être ruinée ; Henri refuse d’être riche ; Louis, conscient que l’argent est nécessaire, n’hésite pas à en donner à plus pauvres que lui.
    J’ai trouvé ce livre vraiment intéressant. Par son histoire, déjà, parce que je voulais vraiment savoir comment Marcelle allait se débrouiller avec ses problèmes d’argent (elle tient quand même à en avoir pour élever son fils), mais aussi comment allait évoluer sa relation avec Henri. De même pour Louis et Rose. Je l’ai trouvé également intéressant par les réflexions de l’auteure que je citais précédemment : elles sont très justes et vraiment en avance sur son temps.
    Les personnages sont très bien approfondis, tous différents et certains vraiment attachants, notamment les 4 principaux (que je vous ai cités), ainsi que le fils de Marcelle, Edouard. J’ai été très agréable surprise par cet état de fait, parce que George Sand est si « populaire », si connue, que je pensais qu’il y aurait des lourdeurs, que je n’arriverais pas à tout comprendre… Eh bien pas du tout !
    En effet, même si j’ai mis un peu de temps à lire ce roman (3 jours), je ne me suis pas vraiment ennuyée. Il y a peut-être des longueurs, mais c’est le cas dans les ¾ des livres. En tout cas, je ne m’en suis pas rendue compte tellement j’étais à fond dedans !
    Enfin, je tiens à vous parler du style de l’auteure. Nous sommes dans le romantisme, avec les plus et les moins de ce genre, et ce roman est qualifié de « roman champêtre », parce qu’il se déroule dans la compagne Berrichone (dans le Centre de la France, je crois), et que George Sand la décrit beaucoup. Moi qui vit à la campagne et qui en suis pourtant assez blasée, j’ai trouvé ses descriptions magnifiques. Elles donnent une dimension presque fantastique au récit, tellement c’est beau ! De même que sa plume en général : j’ai vraiment aimé.

    Ainsi, Le meunier d’Angibault est une excellente lecture et surtout une très belle découverte. J’ai vraiment été agréablement surprise par ce livre, je ne m’attendais pas à autant apprécier. Les personnages sont attachants, le récit très intéressant et passionnant à suivre, comme les réflexions proposées par l’auteure. C’est un sans faute et j’ai hâte de lire un autre livre de George Sand !




♦♦♦


Titre : Les faux-monnayeurs
Auteur : André Gide
Edition : Folio
Genre : Classique
Nombre de pages : 358
Résumé : Qu'un jeune garçon apprenne qu'il n'est pas le fils de son père, qu'il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu'il croise la route tordue de faussaires en tout genre, d'enfants qui trafiquent de la fausse monnaie ou de tricheurs ès sentiments, et l'histoire se transforme en une folle épopée où les différents fils se mêlent et s'emmêlent pour mieux finir par démêler tous les mensonges.
Singulier roman que cette croisée de destins et de personnages : il surprend et fascine, tant il ne ressemble à rien de connu tout en conservant une structure parfaitement attendue. Manière de symphonie, où Gide, qui tenait Les Faux-Monnayeurs pour l'un de ses textes les plus aboutis, orchestre les thèmes qui lui sont chers : l'adolescence et ses tourments, les troubles d'identité, mais surtout le mensonge, le faux sous toutes ses facettes, qu'il débusque avec acharnement, pour qu'enfin les masques tombent. --Karla Manuele

    Ce roman étant une des deux œuvres au programme de littérature des terminales L pour 2016, j’ai décidé de m’avancer un peu et de le lire pendant les vacances une première fois. Il m’aura fallu 4 jours pour le finir et au final, je ne sais pas du tout comment vous donner mon avis, d’où cette mini-chronique.
    Déjà, contrairement à ce que laisse penser le titre, Les faux-monnayeurs ne parle pas de faux-monnayeurs, ou alors il en parle pendant une page quoi. En fait, il n’y a pas de réelle intrigue : on suit juste plusieurs personnages. D’abord, Bernard : au début du livre, il découvre que son père n’est pas son père biologique, et il décide alors de quitter le foyer familial. Il se rend chez son meilleur ami Olivier, dont le frère Vincent vient d’abandonner son amante Laura. Olivier, quant à lui, attend avec impatience la venue de son oncle  Edouard, qui intéresse aussitôt Bernard. Edouard est un écrivain, et il a un livre en projet, intitulé Les faux-monnayeurs. Etrange, non ? Et ce livre, Les faux-monnayeurs, va être un roman différent des autres, un « roman d’idées ». Un livre sur rien, quoi. Mais pas dans le genre de Madame Bovary.
    C’est très difficile de raconter l’histoire, alors je vais m’arrêter là. Je ne vais pas vous cacher que le début fut très fastidieux pour moi, car il faut un temps pour comprendre les liens entre les personnages et rentrer dans l’histoire (surtout que c’est écrit hyper petit dans mon édition (un conseil : si vous pouvez, évitez l’édition Folio si vous vous le procurez (la couverture de mon édition n’est pas comme celle-ci-dessus, mais elle est tellement immonde que j’en ai mis une autre))), sans oublier les longueurs. Cependant, il y a quelque chose qui a tout rattrapé : les personnages. Ceux-ci sont très bien développés, bien approfondis, et j’ai surtout beaucoup aimé le personnage d’Olivier, qui regorge de facettes. Bernard et Edouard sont également intéressants, tout comme Laura, mais voilà, j’ai eu un petit coup de cœur pour Olivier.
    De plus, Gide nous immerge parfaitement dans son univers. J’ai pu facilement m’imaginer les scènes, et tout est tellement complexe… Je suis passée à côté de certaines choses, c’est quasi sûr, alors je suis très contente d’étudier ce roman en cours. Cette lecture m’a vraiment plu, c’est tellement magistral ! Petit bémol : le style de l’auteur ne m’a pas plu plus que ça. Il a des tournures de phrases parfois alambiquées, et je ne sais pas, personnellement je n’ai pas accroché.

    Il n’empêche, ce fut une excellente lecture. Il faut s’accrocher, mais une fois qu’on est embarqués, on ne peut qu’admirer la complexité des personnages et la richesse du roman. Si vous êtes motivés (ou des terminales L), n’hésitez pas à foncer ! 

25 commentaires:

  1. Nous avons beaucoup parlé de George Sand en cours de littérature lorsque j'étais encore à l'école. J'ai toujours voulus lire une de ses oeuvres et connaître cette femme dont j'aime beaucoup l'histoire. Je l'avais complètement oubliée, jusqu'à ce que je tombe sur votre chronique ! En tout cas, le meunier d'Angibault me tente beaucoup ! ^^

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    1. Pour ma part, c'est une auteure dont j'ai étudié un texte en seconde, mais vraiment sans plus. J'espère que tu pourras le lire, dans ce cas !

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  2. Ce sont des auteurs et des livres dont on a tous entendu parler mais c'est vrai que à part en cours je ne me suis pas forcément portée sur les classiques à part Jane Austen du coup j'ai pas mal de lacunes

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    1. J'espère qu'un jour tu auras l'occasion de tenter un de ces auteurs. J'apprécie de plus en plus la littérature français grâce à eux. :)

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    2. Ces auteurs valent le coup d'être lus au moins un jour. :) Il est vrai que certains classiques sont fastidieux, mais une fois qu'on est bien immergé dedans, ça va tout seul. :)

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  3. Deux bons livres, deux classiques ;)

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  4. Je dois avouer que tu me donnes envie de lire ce titre de Sand. Ses romans ne m'ont jamais vraiment intéressée notamment à cause de cette étiquette de « romans champêtres » et l'extrait 'Indiane que J' avais étudié ne m'avait pas non plus plu. Pourtant sa correspondance avec Musset est très belle ( et torturée). Enfin bref, il faut que je me lance et ce titre a l'air parfait ! Je note merci de la découverte :)

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    1. C'est vrai que nous suivons deux idylles et que nous sommes dans le romantisme, donc il y a toujours des éléments un peu niais. Mais il n'y a pas que ça, notamment par rapport aux réflexions de l'auteure.
      Je n'ai pas lu sa correspondance avec Musset, à part un poème de celui-ci, il faudra que je tente !
      J'espère vraiment que Le meunier d'Angibault te plaira. De rien !

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  5. Le livre de George Sand me tente beaucoup! J'ai toujours voulu découvrir cette auteure dont notre prof de français nous a beaucoup parlé.
    En revanche, Les faux-monnayeurs ne me fait pas du tout envie ^^

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    1. Je comprends que Les faux-monnayeurs ne te tente pas, c'est vrai que c'est assez particulier. :)

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    2. J'espère que tu pourras le lire !
      Dommage pour le Gide, perso j'avais adoré.

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  6. Je n'ai jamais lu Georges Sand encore, mais j'avoue que j'aimerais beaucoup découvrir cette auteure et ce que tu dis de ce roman me conforte dans cette idée. Si tu lis un autre livre de cette auteure, je serai curieuse de lire ton avis :-)

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    1. J'espère que tu auras l'occasion de découvrir un de ses livres, dans ce cas. :)

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  7. Je ne suis intriguée par aucun des deux mais contente que ces classiques vous aient plu :)

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  8. Je ne suis pas sûre que Les faux-monnayeurs m'envoie du rêve en barre, mais pourquoi pas si j'en ai l'occasion.
    Par contre, je suis bien intriguée par Le meunier d'Angibault, surtout que je connais assez peu l'auteure, même si j'aime bien ca que j'ai lu.

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    1. J'avais eu un coup de coeur pour ce livre, à cause de sa qualité. Mais c'est vrai qu'il y a mieux, comme lecture. ^^
      J'espère que tu pourras découvrir Le meunier d'Angibault, dans ce cas. :)

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    2. Je comprends, il faut quand même s'accrocher pour aimer. ^^

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  9. Voilà deux classiques que je ne connais pas. Je me les note pour mes périodes "classiques". ils pourraient bien me plaire. =)

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  10. Les Faux-Monnayeurs me tente tellement, ton avis me donne encore plus envie :)

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    1. J'espère que tu auras l'occasion de le découvrir alors. :D

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