jeudi 8 septembre 2016

Antigone - Sophocle & Jean Anouilh

Titre : Antigone
Auteur : Sophocle
Edition : Folio
Genre : Théâtre
Nombre de pages : 80
Résumé : " Ô malheureuse enfant d'un père malheureux ! Le front tranquille et fier, quoique ton cœur frissonne, Serais-tu sous le coup de l'édit rigoureux ? As-tu bravé celui qui jamais ne pardonne ? " Antigone doit mourir. Elle le savait. En choisissant d'offrir une sépulture à son frère, c'est une corde qu'elle glissait autour de son cou. Mais la fille d'Œdipe a décidé d'obéir à la loi des dieux, non à celle des hommes. Pas même Hémon, son amant, ne pourra la détourner de son funeste destin.




    Eh oui, après Œdipe Roi, je me suis enfin décidée à lire Antigone ! Au moment où j’écris cette chronique, j’ai déjà oublié une partie de l’histoire, mais je peux tout de même vous faire un petit rappel du mythe : Antigone, fille de l’union incestueuse d’Œdipe et Jocaste, a décidé d’enterrer son frère Polynice selon les rites, pour ne pas que son âme erre dans l’Enfer. En effet, Polynice et son frère Etéocle se sont entretués, et seul Etéocle a été enterré car c’était lui le « gentil ». Le roi Créon a donc interdit à quiconque de recouvrir le corps de Polynice, mais Antigone, contre l’avis de sa sœur Ismène, a décidé de briser ces lois. La voilà donc condamnée à mourir…
    J’ai vraiment apprécié lire cette pièce. La traduction est bien faite, cela se lit à peu près facilement, les dialogues s’enchaînent bien. J’ai surtout aimé la façon dont les personnages étaient traités : on sent bien que Créon n’est pas foncièrement mauvais, et ce qui m’a le plus touchée est le lien Ismène/Antigone. Celles-ci se disputent au début, mais Ismène voulait juste sauver Antigone. Son attachement à sa sœur est très bien fait, j’ai trouvé.
   La tragédie est un genre qui me plaît davantage que la comédie, et la fin, bien que prévisible, m’a plu car j’ai bien senti la souffrance des personnages. Et avec une musique bien déprimante dans la tête (The Great Sleep ft. Heike Langhans – The last funeral (magnifique !)), c’était juste parfait.
    En revanche, je trouve très dommage qu’on ne sache pas ce qu’il advient d’Ismène à la fin. Elle est complètement occultée, c’est la seule dont nous ne savons pas ce qu’il advient… De plus, comme dans Œdipe Roi, je n’ai pas du tout compris les propos du Chœur, leur rapport avec l’histoire.
    Mais ce sont les seuls points négatifs. Cette pièce est une très bonne lecture, bien traduite et qui nous permet de bien comprendre les personnages clés du mythe d’Antigone. Les relations entre lesdits personnages sont bien décrites et m’ont vraiment plu. C’est un classique à lire !

♦♦♦

Titre : Antigone
Auteur : Jean Anouilh
Edition : La petite vermillon
Genre : Théâtre
Nombre de pages : 123
Résumé : "L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonnance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre."
Jean Anouilh







   Après l’Antigone de Sophocle, je me suis aussitôt lancée sur la célèbre réécriture d’Anouilh. Eh bien, contre toutes attentes, je préfère l’hypotexte
    L’histoire de fond reste la même : Antigone a enterré le cadavre de son frère Polynice, allant ainsi à l’encontre de l’arrêté qu’avait édicté son oncle Créon. Antigone se sait donc condamnée, mais est loin de regretter son geste.
    D’abord, j’ai eu du mal avec le style. Je m’attendais à mieux, en fait. Il est parfois lourd et ne transmet pas assez d’émotion à mon goût, notamment au niveau de la souffrance des personnages, qui m’avait tant plu chez Sophocle. La fin est surtout trop fade, Créon accepte tout comme ça, et le lecteur ne ressent rien… C’est dommage. De plus, nous ne savons pas non plus ce qu’il advient d’Ismène.
    Les personnages m’ont également laissée de marbre. On sent bien la détermination d’Antigone, son mépris vis-à-vis de Créon, mais j’ai trouvé qu’elle n’avait pas la noblesse de celle de Sophocle. Les autres personnages ne sont pas vraiment exploités, notamment Ismène et Hémon. Créon, cela va encore, mais sans plus.
   Bien sûr, Antigone comme allégorie de la Résistance est quelque chose de très intéressant, il n’y a rien à redire là-dessus. C’est là que le personnage de Créon devient intéressant, car à la base il n’avait pas envie de gouverner et se doit de respecter les lois et le peuple.
    Cette réécriture est tout de même une bonne lecture, mais il est clair que je m’attendais à mieux, notamment au niveau du style et de l’émotion. Cela se lit facilement, ce qui est pratique quand on l’étudie, et chacun ses goûts, mais pour moi, entre ces deux réécritures, c’est celle de Sophocle que je préfère.


28 commentaires:

  1. Je n’ai lu que la réécriture et j'avais beaucoup aimé, il ne reste plus qu'à découvrir le vrai texte :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je trouve l'hypotexte meilleur que la RE, j'espère que tu aimeras. :)

      Supprimer
  2. J'ai l'intention de lire ces deux oeuvres mais ce que tu dis de la pièce d'Anouilh me fait un peu peur... Je verrai bien lors de ma lecture.
    En tout cas, je ne m'attendais pas à autant apprécier les oeuvres de Sophocle, c'est très digeste !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Après, beaucoup de personnes ont aimé, alors peut-être que ce sera ton cas aussi, on ne sait jamais. :)
      Pareil pour moi ! Tu as bien raison, c'est très facile et agréable à lire.

      Supprimer
  3. Je n'ai jamais lu de textes concernant antigone mais on m'a raconté l'histoire en cours et j'aurais bien envie de la découvrir en texte :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère que tu aimeras, c'est toujours plus intéressant de savoir ce qu'il en retourne vraiment. ^^

      Supprimer
  4. C'est intéressant de pouvoir comparer. Je ne me rappelle pas si j'ai lu Antigone mais je sais que je l'ai à la maison

    RépondreSupprimer
  5. J'ai moi aussi préféré l'Antigone de Sophocle, elle avait plus de "saveur".

    RépondreSupprimer
  6. Moi aussi je préfère la tragédie à la comédie dans les œuvres littéraires :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est tellement plus captivant je trouve. :)

      Supprimer
  7. Je n'ai lu aucune des deux versions d'Antigone (oui c'est la honte ^^). Il faudrait donc que j'en lise au moins une des deux :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te conseille celle de Sophocle, elle est super par rapport à celle d'Anouilh !

      Supprimer
  8. Comme toi, j'ai préféré l’oeuvre originale qui m'a apporté davantage d'émotions autour des personnages. L'Antigone d'Anouilh ne s'attache pratiquement qu'au conflit entre Antigone et Créon alors que Sophocle fait vivre également les autres personnages liés à cette histoire comme Ismène et Hémon.

    RépondreSupprimer
  9. Je n'ai pas lu le texte d'origine mais par contre contrairement à toi, j'ai adoré le texte de Jean Anouilh. Je pense qu'il a un style qui fait qu'on accroche ou non ^^'

    RépondreSupprimer
  10. Ah "Antigone"... Que de souvenirs de cours... Mais les meilleurs en ce qui me concerne. Je devrais peut-être le relire pour m'en refaire une opinion plus neuve.
    Dommage que la réécriture ne soit pas à la hauteur de tes espérances par contre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tant mieux. :)
      Oui, mais bon, ça arrive malheureusement.

      Supprimer
  11. Aucun des deux ne me tente mais ce n'est pas surprenant puisque je n'aime que moyennement les classiques ^^

    RépondreSupprimer
  12. J'aimerais beaucoup découvrir Antigone, sûrement vais-je avoir l'occasion étant en L :p !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère que tu en auras l'occasion ! :) Hum, oui, pourquoi pas, peut-être dans le théâtre ou les réécritures, qui sait !

      Supprimer
  13. Étudié au collège et lycée, je ne m'amuserai pas à le relire. Je garde un souvenir frappant de cette pièce de théâtre. Avec mon lycée, on a été voir une adaptation sur les planches du nom 'Le cri d'Antigone". Une pièce qui porte très bien son nom... je me suis un peu endormi dans la salle de théâtre, et Antigone a bien poussé un cri dans une scène qui m'a bien réveillé. Ma copine à côté de moi c'est bien foutu de ma gueule, parce que le cri m'a fait sursauter, et pas qu'un peu XD

    RépondreSupprimer
  14. J'avais aimé les deux textes, mais personnellement, j'avais préféré la version d'Anouilh, plus moderne et avec plus de parallèles avec l'Histoire. Et mes souvenirs sont flous, mais j'avais au contraire trouvé le récit plein d'émotions... Par contre, je pense que mon point de vue est vraiment biaisé parce que je l'avais vu au théâtre donc forcément, les émotions ressortent beaucoup plus que sur le papier.

    RépondreSupprimer

Parce qu'un commentaire fait toujours plaisir... :)