jeudi 29 décembre 2016

Eugène Onéguine - Alexandre Pouchkine & Tess d'Urberville - Thomas Hardy

Titre : Eugène Onéguine
Auteur : Alexandre Pouchkine
Edition : Folio, collection Folio Classique
Nombre de pages : 333 (notes incluses)
Résumé : Dans ce roman de la solitude et de la faillite des sentiments composé au fil de sept années d'écriture, Pouchkine a livré l'oeuvre d'une vie, proposée ici dans une version inédite admirable. Soucieux de respecter la forme strophique et la trame sonore de l'original, André Markowicz a rendu l'intégralité du roman en octosyllabes rimés. Cette édition propose en annexe la plupart des variantes (près de 1400 vers) de cette oeuvre majeure de la littérature russe.





Magnifique.

    Voici un livre qui me faisait très envie. Tous ceux qui connaissent et / ou qui ont lu Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (ma chronique), savent certainement que Eugène Onéguine en est l’hypotexte. Ayant beaucoup apprécié le roman en vers de Clémentine Beauvais, j’avais donc très envie de découvrir le texte dont il était inspiré. Et je ne suis pas du tout déçue !
    Tout d’abord, ce roman est écrit en vers. Ma traduction était très fidèle au texte russe, donc on sentait bien le rythme des vers. En revanche, c’est très différent de la poésie ! En effet, il y a beaucoup moins de figures de style et on ne met pas 10 minutes à comprendre le sens de chaque phrase. En effet, ces phrases s’enchaînent très naturellement, ce qui rend la compréhension très aisée. Après, évidemment, le vocabulaire est du XIXème siècle, et il y a quand même des métaphores, comparaisons… Malgré tout, je pense que c’est lisible par tout le monde, ou du moins toute personne ayant l’habitude de lire.
    Comme l’indique le titre, ce livre raconte l’histoire d’Eugène Onéguine, ou du moins d’une partie de sa vie, sur 10/15 ans (avec une ellipse au milieu), je dirais. Eugène est, au début, un jeune homme tout ce qu’il y a de plus « normal » : il appartient à une classe sociale assez élevée, est un beau-parleur, suscite l’admiration de tous… Pour faire très caricatural, c’est le grand « tombeur ». Un jour, il va rencontrer Tatiana, qui est d’une classe sociale à peu près aussi élevée que la sienne. Mais Tatiana est très différente d’Eugène : c’est une grande rêveuse, et en plus elle se laisse facilement dominer par ses émotions, en témoigne sa passion pour Eugène. Parce que oui, ce n’est pas un spoiler, une histoire va se construire entre ces deux-là, et nous allons donc suivre son évolution, avec les « points de vue » (difficile à dire, vu que le roman est écrit en vers et que le narrateur n’est autre que l’auteur) d’Eugène et de Tatiana.
    Voilà pour l’histoire, qui, si vous l’avez lu, vous rappellera Songe à la douceur dans ses grandes lignes. Mais je reviendrai à la comparaison plus tard.
     En tout cas, ce roman se lit très vite. Comme je le disais, les vers sont vraiment lisibles, et le livre en lui-même est très court, à peu près 250 pages voire moins quand on enlève le dossier. Personnellement, j’y ai passé deux jours. En outre, on se laisse vite emporter par la plume de Pouchkine qui nous embarque avec lui en Russie, et c’est assez difficile de lâcher le livre, parce qu’évidemment on veut savoir ce qui va arriver à Eugène et Tatiana.
    De plus, la plume de Pouchkine est magnifique. Comme je le disais, déjà il nous embarque avec lui dans la Russie du XIXème siècle, et notamment dans l’hiver russe. Ses vers sont justes sublimes, je les ai trouvé très beaux, et surtout j’ai adoré comment l’auteur écrivait. Il a un style propre à lui qui m’a beaucoup plu. En outre, les émotions sont bien présentes : on ne reste pas de marbres quand on le lit.
    Par ailleurs, l’histoire en elle-même est très intéressante. Déjà parce que l’intrigue est bien présente, le suspense aussi, et aussi parce que les personnages sont très attachants. Tous deux sont très différents, avec une psychologie bien détaillée. On ne sait jamais trop quoi penser d’eux, parce qu’on ne peut pas les classer dans les catégories de « gentil » ou de « méchant ». Même Eugène qui semble aller dans la deuxième finit par être plus ambigu. Ce sont des personnages vraiment uniques et, comme dans le roman de Clémentine Beauvais, j’ai beaucoup aimé Tatiana, jeune fille qui, au départ, préfère lire plutôt que de se retrouver mêlée à la société russe…
    Enfin, la comparaison avec la réécriture de Clémentine Beauvais est inévitable. Je trouve que lire Eugène Onéguine nous montre encore plus tout le travail qu’elle a fait. En effet, on voit qu’elle s’est inspirée de Pouchkine, elle a très bien retranscrit les émotions, mais en même temps elle a apporté sa touche à elle, déjà avec des vers libres, mais aussi en actualisant l’histoire et en rendant les personnages plus modernes. Malgré tout, je crois que j’ai préféré la version de Pouchkine, mais sa réécriture par Clémentine n’est qu’honorable.

    Pour conclure, Eugène Onéguine fut une excellente lecture. J’ai même frôlé le coup de cœur. Les vers de l’auteur sont justes magnifiques, et il m’a complètement embarquée avec lui. Je suis tombée sous le charme de l’histoire, et surtout sous le charme d’Eugène et Tatiana. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, et ce roman m’a très agréablement surprise, je ne pensais pas autant aimer. Si vous avez lu et aimé Songe à la douceur, je pense que vous devriez aimer l’hypotexte. Et si vous n’avez lu ni l’un ni l’autre, qu’attendez-vous ? ;)


♦♦♦

Titre : Tess d’Urberville
Auteur : Thomas Hardy
Edition : France Loisirs
Nombre de pages : 454
Genre : Classique
Résumé : La jolie Tess est d’une fraîcheur à faire chavirer tous les cœurs. Surtout celui de son prétendu cousin, Alec. Mais l’odieux personnage n’est qu’un imposteur… et un profiteur ! Lorsqu’il séduit la jeune fille puis la déshonore, la belle se promet une chose : ne jamais se marier. Jamais ! Jusqu’à ce qu’elle rencontre Angel. Éduqué, riche, généreux… Tess succombe, résiste, doute… Sera-t-elle à jamais poursuivie par son inavouable passé ? Ou se pourrait-il qu’Angel la sauve de sa destinée ?
(Je vous épargne la couverture de mon édition : étant ancienne, elle est un peu... moche.)


Un très bon roman, mais je m’attendais à mieux.

     Tess d’Urberville doit être le roman qui moisit dans ma PAL depuis le plus longtemps. Je l’ai commencé plusieurs fois, mais jamais fini, par flemme. Je suis contente de l’avoir enfin fini, même si d’un côté je suis un peu déçue.
     C’est donc l’histoire de Tess Durbeyfield, jeune femme venant d’une famille nombreuse et peu aisée d’un petit village, Marlott. Au tout début du livre, le pasteur du coin apprend au père de Tess, John Durbeyfield, qu’il est en fait descendant d’une prestigieuse famille maintenant éteinte : les d’Urberville. A partir de ce simple évènement, la fatalité va s’acharner sur la pauvre Tess. Forcée par ses parents à aller voir une vieille femme qu’ils pensent leur parente, elle est séduite et mise enceinte contre son gré par Alec d’Urberville, son « cousin ». Elle perd l’enfant, mais est déshonorée et finit par quitter son village. Elle trouve du travail dans une laiterie, et c’est là qu’elle rencontre Angel Clare, fils de pasteur décidé à devenir fermier. Là, c’est le coup de foudre, mais rien n’arrêtera la fatalité…
      J’ai d’abord trouvé le début un peu long. Thomas Hardy prend son temps pour poser son décor (l’Angleterre rurale du XIXème siècle), ses personnages… Et au final ce que je vous décris dans mon résumé met au moins 50 pages à arriver, et tout a tendance à traîner à longueur. Ce n’est pas pénalisant tout le temps, mais certains passages essoufflent vraiment la lecture, ce qui est dommage.
      En revanche, j’ai trouvé le personnage de Tess vraiment attachant. Elle n’est pas nunuche (mais pas une femme forte non plus). On sent très bien son innocence, son attachement à sa famille et la force de ses sentiments. On ne peut que la prendre en pitié quand on voit tous les malheurs qui lui arrivent, comme si le destin s’acharnait sur elle. Thomas Hardy accorde une réelle importance à la fatalité, ce qui fait que certains points amènent à faire penser que Tess d’Urberville est une sorte de tragédie car Tess a beau tout faire, tout finit toujours par lui revenir à la figure. Elle a pour malheur d’être belle et d’être une femme, et cela, rien ne pourra jamais le changer.
      Quant aux autres personnages secondaires, ils sont bien construits aussi. Si Alec d’Urberville et Angel Clare apparaissent au début comme l’archétype du méchant et du gentil (respectivement), ils se complexifient par la suite. Certes, Alec reste un goujat et un co****d, mais on ne peut pas dire qu’il soit tout plat. C’est encore mieux pour Angel : il a beau être gentil, il agit tout de même comme un chacun agirait, et cela le rend très humain. Un peu détestable parfois (solidarité féminine oblige), mais humain quand même, et c’est le plusuimportant.
     Outre les longueurs et l’intrigue pas toujours prenante, cela a néanmoins bloqué au niveau du style de l’auteur. C’est un roman du XIXème siècle donc Thomas Hardy a quand même un bon style, mais je m’attendais à tellement mieux ! Je n’ai pas ressenti de réelle émotion, j’avais l’impression qu’il se contentait de raconter les évènements en se mettant à distance vis-à-vis du lecteur. Je pensais ressentir davantage de passion, surtout dans les sentiments, et cela n’a pas été le cas. Même à la fin où il y avait quand même de quoi faire.
       Je n’ai donc pas réussi à m’immerger totalement dans le roman. Je m’attendais tellement à ressentir plus que cela a un peu gâché la lecture – ce qui est bien sûr regrettable. Mais c’est mon point de vue personnel et il ne faut pas s’y arrêter, car je sais que beaucoup de lecteurs ont eu un coup de cœur pour ce roman, qui le mérite d’ailleurs. L’histoire est simple mais a le mérite d’être juste et de montrer  les réalités parfois cruelles de l’Angleterre du XIXème siècle, avec toutes ses conventions capables de briser même le couple le plus uni.

     Ainsi, Tess d’Urberville, classique de la littérature anglaise, est une très bonne lecture. Les personnages sont bien construits, l’ampleur de la fatalité très bien représentée et le décor bien planté, mais j’ai été déçue par le style de l’auteur. Celui-ci, et d’autres petites choses comme les longueurs, m’ont empêchée de rentrer totalement dans le livre. Il n’empêche que c’est un livre à lire au moins une fois dans sa vie, il le mérite.
      





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23 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec toi pour Eugène Onéguine. Lisible pour tout le monde, difficile de lâcher le livre, etc. Et, un beau travail de Clémentine Beauvais pour moderniser tout ça avec Songe à la douceur, maintenant que nous connaissons l'hypotexte :)

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    1. Oui, et en plus il se lit très vite. :) Je suis bien d'accord !

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  2. Eugène Onéguine me tente bien, surtout que j'ai adoré Songe à la Douceur ! Et puis je pense que Tess d'Uberville est aussi un livre à lire...
    D'ailleurs, les filles, j'ai été choisie par ma prof de français pour participer à l'épreuve de Composition Française du Concours Général... auriez-vous d'autres idées de classiques que je pourrais lire pour augmenter ma culture générale ?

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    1. Oui, Tess est un classique important. :)
      Hum... Je te conseille de lire déjà des genres différents (roman, poésie, théâtre). Après, à proposer, il y a bien sûr Zola, Molière, Racine, Verlaine, Apollinaire, Eluard, Balzac, Corneille... Mais peut-être aussi des oeuvres antiques, comme L'Illiade ou L'Odyssée, si possible des tragédies/comédies antiques (si tu veux il y a Oedipe Roi !) ainsi que des auteurs comme George Sand, Camus, Saint-Exupéry, Ionesco, Musset... Je ne sais pas trop quoi te proposer car il y a tant de classiques, et tous apportent quelque chose. Je te conseille plutôt de demander à ta prof car je ne commence à lire des classiques que depuis environ 1 an et je n'en ai vu qu'un petit pan.

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  3. Oh deux livres différents et qui semblent beaucoup apporter !

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  4. Eugène Onéguine me tente beaucoup trop, tu en parles si bien ! Tess d'Uberville a l'air sympa !
    Victoire3

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    1. Tess est bien mais il faut une bonne motivation haha. ^^

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  5. Deux classiques qui me tentent beaucoup ! J'ai connu Eugène Onéguine par Songe à la douceur donc je suis assez curieuse de le lire. Et mon père a écrit son mémoire d'anglais sur Tess d'Urberville, alors ce serait cool que je le lise haha.
    Julie, j'espère que tu trouveras une solution, c'est vraiment embêtant…

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    1. Eugène Onéguine est vraiment bien. :)
      Haha, c'est sûr. :) J'espère qu'il te plaira !
      Pour l'instant elle n'a trouvé aucune solution malheureusement : lz problème risque de rester durable...

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  6. Je ne suis pas du tout dans les classiques présentement, alors ces livres ne me tentent pas pour l'instant. Contente que cela ait été deux bonnes lectures :)

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  7. J'espère que Julie pourra régler son problème bientôt :s
    Je veux lire Eugène Onéguine !! Il a l'air tellement bien et ta chronique me donne encore plus envie de me lancer, je pense que ça sera mon objectif de l'été ^^
    J'avais bien aimé Tess d'Uberville, même si j'avais eu du mal à le lire, il est long ! Mais j'en garde un bon souvenir :)

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    1. Malheureusement ça a l'air bloqué pour un bon bout de temps. :/
      J'epsère que tu pourras le découvrir ! Tu verras, il est vraiment bien.
      C'est vrai que Tess est un peu long ! Ca va que j'étais vraiment motivée pour le lire. ^^

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  8. Le premier livre que tu présentes me tente énormément, surtout ayant adoré Songe à la douceur j'aimerais beaucoup lire cette version dont s'est inspirée Clémentine Beauvais :) !
    L'autre roman me fait moyennement envie, sans plus^^'
    Je me demandais pourquoi on ne voyait plus Julie, c'est nul qu'il y ait ce beug :( J'espère que ça va se rétablir, des bisous à toutes les 2 <3 !!!

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    1. J'espère que tu pourras le lire ! Le travail de réécriture de Clémentine Beauvais est vraiment bien.
      Je comprends. ^^
      Pour l'instant nous n'avons aucune solution. :/ Bisous ! ♥

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  10. Ce ne sont pas du tout mes genres de livres habituels mais vu que je souhaite élargir mes styles de lectures je les lirai surement !
    J’espère que Julie réglera son problème !
    Bises :)

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    1. Super, j'espère que tu aimeras. :D
      Bisous !

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  11. Il faudra que je lise Eugène Onéguine une fois que j'aurai fini Songe à la douceur ! J'aime beaucoup l'adaptation, je suis sûre que ça me plaira, surtout que ça fait un bail que je n'ai pas lu d'auteur russe !
    On m'a conseillé plutôt un autre bouquin de Thomas Hardy, je regarderai lequel c'est, je ne me souviens plus du titre. En tout cas, ça reste un classique que j'ai envie de découvrir, malgré les lenteurs et autres défauts cités !

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  12. Décidément, pour ma part, ni Eugène Onéguine, ni Songe à la douceur ne me tente le moins du monde. L'écriture risque de ne pas me plaire puisque je n'aime pas le style sous forme de vers !
    Par contre, Thomas Hardy est un auteur qui m'intrigue vraiment bien ! On m'a déjà dit que son style n'était pas très compliqué (ce qui me fait toujours peur, en réalité) et qu'il était plutôt simple à comprendre. Je ne sais pas si c'est avec Tess d'Uberville que je commencerais mais le résumé en lui-même me tente bien :)

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  13. C'est vrai que moi aussi, j'ai trouvé Tess d'Urbervilles un peu long, surtout au début.
    Mais comme le dit le personnage dans le livre : << Savez-vous que j'ai subi les trois quarts de cette peine rien que pour le dernier quart ? >>, dernier quart qui est pour moi réussi.

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  14. Encore deux classiques à ajouter à ma wish-list, bien que Tess d'Uberville me fasse un peu peur. Je n'ai pas toujours lu de très bonnes critiques et je vois que tu n'as pas été entièrement convaincue, en tout cas pas totalement transportée. Après tu as raison c'est à découvrir au moins une fois dans sa vie et peut être que mon ressenti sera différent.

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